mardi 12 avril 2016

Qu'est-ce que c'est pittoresque !

Cusco - Puno en bus, 7 heures, 390 kilomètres, altitude: de 3400 à 3800m.

   Après quelques jours de remise sur pieds élémentaire à Cusco, me voila de nouveau sur la route, direction Puno et les abords du lac Titicaca. Arrivée à l'auberge réservée j'entend une voix familière: Alexa et Miron qui ont fait le chemin de l'Inca avec moi y sont aussi! C'est bien sympathique de pouvoir passer une soirée de plus avec eux. Le lendemain on se dit au revoir de nouveau, ils partent pour la Bolivie et moi je vais visiter les îles flottantes du lac Titicaca. 
Calmez-vous, calmez-vous, quand je dis "îles flottantes", je ne vais pas me balader sur des géants oeufs en neiges baignant dans un lac de crème anglaise... Bien que ce serait plutôt agréable. Non, je vais visiter des îles faites de roseaux séchés qui flottent sur le lac Titicaca et forment un village qui abrite de nombreuses familles. Il y a plus de 40 îles et chacune accueil entre deux et quatre familles. L'histoire est que ce système d'îles artificielles fut créé il y a plus de cinq cents ans par les populations Aymara pour échapper aux Incas qui venaient coloniser les abords du lac à grands sabots. 

                                
                              Les décorations en roseaux séchés sur une des îles

   Parce que oui, les Incas ont beaux être fascinants et être des architectes hors pairs, ils n'avaient pas la main légère quand il s'agissait de conquérir d'autres peuples qui existaient avant eux (ils ne sont arrivés qu'en 1400 et n'ont duré que cent ans jusqu'à l'arrivée des espagnols...). Les Incas parlaient quechua, langue encore utilisée aujourd'hui par tous leurs nombreux descendants péruviens et boliviens, mais beaucoup des cultures pré-Incas du lac Titicaca et de Bolivie étaient des Aymara et parlaient Aymara, langue qui se retrouve aujourd'hui chez toutes les populations du lac et en Bolivie.
Je pars donc pour trois bonnes heures sur le plus haut lac navigable du monde, nous sommes effectivement à 3800m d'altitude, les nuits sont glaciales et la journée le soleil chauffe et brule la peau en un rien de temps.

   En rentrant, après avoir acheté mon billet de bus pour Arequipa le lendemain, je m'achète quelques pains et de la pastèque dans la rue, le tout pour 3 soles (moins de un euro). Et à ma grande surprise, ce pain s'avère être le meilleur que je n'ai jamais mangé (je parle à l'étranger, français ne vous offensez pas !). Il est tellement bon que je me dois de le mentionner ici et que je mange les six dans la soirée et envisage d'en racheter le lendemain mais je ne retrouverai malheureusement jamais la femme qui me les a vendu et leur délicieux goût ne restera qu'un souvenir. Mais je profiterai tout de même d'une nuit bien agréable à payer le prix d'un dortoir de dix pour y dormir seule, l'auberge s'étant étrangement vidée dans la journée!

                            Une tombe Inka dans un majestueux décors

   Le lendemain, je dois partir très tôt pour aller visiter des ruines de tombes Incas et pré-Incas du coins. En fait les Incas ont complètement copiés les tombes des civilisations antérieurs, sans s'en cacher, exactement au même endroit, mais leurs ont apporté leur savoir faire d'architectes incroyables, rendant les anciennes tombes un peu nulles à côté. Le lieu est absolument magnifique, il surplombe un fleuve. Je suis seule sur le site et le calme qui y règne est des plus agréable.

                                         L'île au milieu du grand fleuve

   Dernière épreuve pour pouvoir quitter Puno: rentrer du site archéologique à Puno! Il me faut attendre un bus hypothétique qui n'a pas d'horaire et dont le gardien du site me dit qu'il ne sait pas du tout combien de temps il pourrait mettre à venir. J'attend une petite demi-heure, en partie en compagnie d'un gentil mouton venu me faire des câlins, et saute dans le premier taxi qui vient dans les parages. Il me coute 4 soles, le même prix que le bus hypothétique donc tout va bien. 
Ce qu'il faut savoir c'est qu'au Pérou les prix des taxis se négocient avant de monter dedans et que l'on n'y est pas toujours seul, le but du chauffeur étant de rentabiliser un maximum la course. Je commence donc celui-ci seul, puis monte un jeune homme à l'avant, puis une paysanne en vêtement et chapeau traditionnel à l'arrière, avec ses longues tresses noires et son tissu coloré sur les épaules, puis une jeune femme, donc on se sert un peu à l'arrière et enfin un jeune homme pour lequel le chauffeur sort et ouvre le coffre... Pittoresque
 on a dit!
Après ça je doit prendre un mini-bus de trente minutes jusqu'à Puno et me retrouve serrée entre cinq paysannes et beaucoup de péruviens. Je ne me suis que rarement sentie aussi étrangère.
Je vais chercher mon sac à dos, prend un taxi à 3 soles, seule cette fois-ci et me voila quittant Puno, mais je la reverrai tout de même dans quelques trois semaines, à l'heure de passer la frontière bolivienne. 

(Je rencontre encore des problèmes de connexion internet, c'est pour ça que je ne peux partager plus de photos et qu'elles sont de si mauvaise qualité, désolé !)

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