Potosi - Sucre, quatre heures de bus, 156 km, de 4600m à 2780m d'altitude
Arrivée à Sucre, 13h, libération.
La ville est belle, aérée, peu polluée, lumineuse et, cerise sur le gâteau, chaude !
Ici pas besoin de dormir avec quatre couvertures et trois pull, et je peux même me balader en tongues et short. Libération.
Je rencontre dans le bus Angie, une australienne, on partage le taxi de la gare routière jusqu'au centre pour rejoindre nos auberges respectives. On se pose, prend une douche, et on se retrouve à 14h pour aller déjeuner ensemble. Sur le chemin on croise un groupe de trois françaises avec qui Angie avait fait le Salar d'Uyuni la semaine précédente: Laura, Aurélie et Sophie.
J'ai de nouveau le sourire, le ciel ne présente pas le moindre nuage, rien de plus agréable.
Après déjeuner, Angie et moi allons au mirador de la ville. L'air de rien, on est encore à près de 3000m d'altitude et monter n'est pas facile facile, mais la vue en faut la peine.
Le soir nous nous retrouvons à l'auberge des filles où il y a une soirée "dances boliviennes".
Le lendemain matin, je pars m'acheter des fruits au marché. Parlons en de ce marché: les femmes des stands de fruits vous offrent un million de morceaux de fruits espérant vous faire acheter chez elles. Leurs fruits sont délicieux d'ailleurs, le melon est juteux et la mangue sucrée... En face, il y a les stands de vendeurs de poulets. Ici ça sent plus la chaire de poulet froide plutôt que le poulet braisé des marchés français, autant vous prévenir. Derrière il y a les vendeurs de viande rouge, avec leur gros morceaux à même les carreaux en céramique blanche des stands, les mouches s'y donnant à coeur joie. Quelques carcasses de chèvres ouvertes en deux et non dépecées agrémentent les allées. Autant vous dire que ce n'est pas le lieu de prédilection d'un(e) végétarien(ne) sensible à la cause animale...
A l'étage par contre, vous trouverez tous les stands de légumes, les avocats noirs, bien murs et savoureux, les femmes assises dans un coin qui vendent des citrons vert et du choclo (maïs blanc aux grains très larges). Un peu plus loin, il y a les soupes, de légumes ou bien avec une ou deux pattes de poulets dedans. En redescendant en direction de la cours arrière, après les gâteaux, on trouve les vendeuses de patates andines diverses et variées, et en face, les vendeuses de jus et de fruits frais coupés. Elles sont en hauteur avec tous leurs fruits devant elles, et leurs jus sont délicieux. Elles vous serviront un verre puis vous diront "un poquito mas ?" et vous en rempliront un deuxième tout entier, pour le même prix bien évidemment.
Le soir je retrouve les trois françaises pour un petit verre et nous allons nous coucher tôt étant donné que le lendemain nous allons tôt à un marché artisanal loin de la ville.
Le matin donc, à 8h30 comme prévue, je retrouve les filles dans la rue et Florie, une amie, qui vient d'arriver à Sucre après son bus de nuit. Nous partons en taxi puis en bus à 1h30 de Sucre pour le fameux marché artisanal de Tarabuco, uniquement présent le dimanche dans un tout petit patelin bolivien. Nous nous baladons dans les allées, faisons quelques emplettes, puis prenons un verre sur une petite terrasse avant de reprendre le bus pour rentrer. Ah, ce bus, ou plutôt mini van. Toute une aventure. Ou comme diraient certains "TIB" (This Is Bolivia), en tant qu'explication à toute chose étrange ou douteuse vue en Bolivie. La route est montagneuse, on monte en altitude et donc forcément avec de gros virages. Or nous sommes en Bolivie, et nous avons la fâcheuse impression que les chauffeurs (de mini van comme de gros bus d'ailleurs) n'ont pas appris qu'il était très dangereux de doubler dans des virages, et d'autant plus en montagne. Nous avons eu quelques frayeurs, avons réellement failli se prendre un autre mini van qui, lui, doublait dans un virage... Mais nous sommes bien arrivées saines et sauves!
Le soir nous allons diner dans un petit café avec un verre de vin rouge. Ce n'est pas le meilleurs, le vin bolivien est particulièrement sucré, mais ça fait du bien !
Lundi midi je retrouve Florie pour déjeuner avec Loïc et Géraldine, deux francophones de mon auberge, dans un très bon restaurant végétarien, puis nous partons à la recherche désespérée de fils à bracelets. Après une longue recherche on va s'installer boire un verre à l'auberge des trois françaises pour se soulager un peu de la chaleur de Sucre. Les filles nous retrouvent vers 17h, elles dinent et partent pour La Paz dans la soirée. Après quelques bières nous rentrons nous coucher, le lendemain matin nous comptons aller tôt voir des cascades dans la région.
On se retrouve à 9h30 avec Loïc et Florie pour prendre le combi qui doit nous emmener dans un petit village pour pouvoir commencer la balade à pieds. Selon les dires d'autres personnes, le chemin n'est pas facile à trouver mais quand même. On part donc tous les trois, il est 11h, on demande à quelques personnes du village le chemin, chacune nous en dit un un peu différent et toujours très vague, genre "c'est par là-bas" avec un geste du bras...
Bon on tente une, deux, trois petites rues, on ne trouve rien, toujours des culs de sac. Des gens nous avaient dit qu'ils y étaient allés par la route, on sort donc du village et on part à pieds sur la route. On marche, on marche, puis on demande notre chemin à un mec en voiture, qui nous dit qu'il faut descendre à la prochaine vers le lit de la rivière. On descend, on arrive dans un cul de sac devant un cimetière. On tente d'aller plus loin à travers la végétation mais je suis en tongues, il y a des épines énormes un peu partout, dont une qui s'est plantée dans la chaussure de marche de Loïc, je tiens à mes pieds, on est un peu désespérés, il est midi, il fait très chaud, on repart en arrière sur la route.
On nous avait parlé d'un pont, on le voit au loin, on marche jusqu'à lui, on demande notre chemin, on nous dit qu'il faut longer la rivière en quittant la route. On s'exécute et se retrouve cent mètres plus loin dans un cul de sac. Encore.
Je m'assoie sur une pierre, entame une sieste la tête dans mes genoux: mes pieds me font mal, j'en ai ras-le-bol, je laisse les autres décider de mon sort.
Bon, on décide de reprendre la route, plus loin Loïc demande le chemin à une dame, qui lui dit qu'il faut quitter la route à la prochaine à gauche et ensuite descendre, que de là-bas on verra déjà les cascades. Enfin une qui à l'air de savoir de quoi elle parle. On y va, ouf ! On voit les cascades ! Au loin, certes, mais on les voit, on commençait à se demander si ce n'était pas une légende urbaine, que tous les touristes ont tentés, que personne ne les a jamais trouvé et qu'ils racontent tous qu'ils les ont trouvé pour ne pas perdre la face...
On s'assoie sous LE petit arbre pour déjeuner, il est près de 14h, on est tous les trois exténués. En mangeant, on se fait attaquer par des fourmis rougeasses, on leur jette des peaux d'avocat, en deux minutes, ce qui était vert devient rouge...
Florie et moi n'avons pas du tout la motivation pour continuer, il faut descendre, le chemin n'a pas l'air hyper bien dégagé et les cascades ne sont pas si magnifiques que ça, on décide de rentrer par la route en stop, en espérant qu'une voiture passe. Loïc, lui, continue jusqu'aux cascades.
On est donc repartis, on marche jusqu'au pont, ça descend, et on attend là-bas à l'ombre d'un arbuste, qu'une voiture passe. On ne veut pas marcher plus loin parce que ça monte et qu'il fait très chaud.
Après environ vingt minutes d'attente sans la moindre voiture, il y en a une qui passe dans l'autre sens. Elle s'arrête et deux gamins descendent. Ils viennent nous voir, ils veulent de l'aide pour un devoir d'anglais: ils nous filment et on répond à des questions en anglais. Ils sont tout gentils et très timides, nous remercient et repartent. Ils font demi-tour et repartent dans l'autre sens mais on voit bien que leur voiture est pleine. Puis, un peu plus haut, le plus petit sort et nous demande ou on veut aller. On lui dit au prochain village pour prendre le bus, il nous dit de venir. On lui demande si il est sure qu'il y a assez de place, il part voir, revient et nous fait signe de venir.
Effectivement ils nous ont fait de la place. Je m'assoie donc à l'arrière avec Florie sur les genoux, à côté de nous il y a deux mama boliviennes en tenue traditionnelle (donc gros jupons...), une des deux à un bébé de quatre mois dans les bras, devant la deuxième, une petite filles de quatre ans se tient debout pour nous laisser la place de nous assoir. A l'avant, le jeune qui avait le devoir d'anglais conduit, on pense qu'il doit avoir quinze ans, à côté de lui son petit frère avec sur ses genoux un autre enfant de quelques années. Oui, vous comptez bien, nous étions neuf dans la voiture. Certes, pas tous adultes mais quand même ! Voila, encore une fois, TIB.
Ils nous déposent au village et on peut enfin prendre le bus de retour.
Une fois de retour, quand Loic rentre à l'auberge, il m'annonce que le chemin était en fait très simple à partir du village et prenait environ trente minutes de marche pour arriver aux cascades. Et le pire c'est qu'on avait bien failli le prendre mais que l'on pensait que c'était un cul de sac...
Tant pis, les pires aventures font les meilleures histoires !
Mercredi on prend notre temps, on déjeune au restaurant végétarien puis on va se prendre un dessert à la pâtisserie française qui se trouve dans ma rue. On part pour notre bus à 19h, conduit en taxi par Julio Cesar, très gentil et qui fait tout son possible pour qu'on arrive à l'heure pour notre bus malgré les bouchons.
Et nous voila partis pour huit heures de bus jusqu'à Tupiza plus au sud.
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