jeudi 28 avril 2016

Pollution, Sorcières et Malédiction

Copacabana - La Paz, quatre heures de bus, 155 km, de 3800m à 3660m d'altitude
La Paz - Potosi, dix heures de bus, 538 km, de 3660m à 4600m d'altitude

   J'arrive à La Paz en début d'après-midi, la vue de la ville par le dessus est impressionnante. Elle occupe les pans de toutes les montagnes en formant son centre au milieu de la vallée. Impressionnante, mais cette cuvette est également un enfer dont la pollution des vieux bus à fumée noire ne peut s'échapper et où il devient parfois difficile de respirer, et encore pire si l'on ajoute à cela l'altitude du lieu. 
Chanceuse, mon auberge se situe à quelques dizaines de mètres du terminal de bus. Il s'agit d'une ancienne brewerie gigantesque. Le lieu est plutôt beau et agréable et il y a des pancakes au petit dej! J'arrive dans ma chambre et rencontre tout de suite Kate, l'américaine qui dort dans le lit au-dessus du mien. Elle est très gentille et me propose directement de venir avec elle et son amie, Elena, à un combat de catch féminin en tenue traditionnelle bolivienne, les Cholitas !
Une heure plus tard nous voila partie. Le spectacle est vraiment marrant, les cholitas jouent la comédie, se soulèvent les jupons, se tirent par les nattes...
En revenant à l'auberge, nous voila partie pour quelques bières au bar, suivi de la soirée karaoké du jour. 

       L'horloge inversée de La Paz

   Le lendemain matin, je n'ai pas la moindre motivation pour faire mon sac et m'en aller alors je réserve une nuit de plus. Kate, Elena et moi partons nous balader au marchés d'artisanat du centre de La Paz en cherchant le marché des sorcières. Il s'agit d'un marché traditionnel, absolument pas fait pour les touristes, où des femmes vendent toutes sortes de poudres magiques, de fioles d'amour, de grigris et surtout des foetus de lamas séchés, que tout bolivien achète lorsqu'il emménage dans une nouvelle maison pour la protéger du mauvais sort.
Nous finissons notre après-midi en un délicieux déjeuner/diner dans un restaurant mexicain qui propose des options végétariennes (hallelujah !), le plus jolie restaurant mexicain jamais vue, on aurait dit un vrai musée !
Encore une fois nous finissons au bars avec notre bière du jour offerte par l'auberge.
Le lendemain je décide de partir le soir pour Sucre. Je fais donc mon check out, puis Elena, Kate et moi partons faire un tour gratuit de la ville. Les deux animateurs sont très sympas et nous racontent pleins d'anecdotes marrantes comme comment un jeune homme de la campagne drague une cholita. Je ne vous dévoilerai pas tous les détails mais sachez que cela implique de lancer quelques cailloux, de courir, et de montrer ses mollets!
Nous allons déjeuner de nouveau au super restaurant mexicain, et en rentrant je décide de rester une nuit de plus. 

               Les foetus de lama séchés...
      Un stand de sorcière

    Le soir, après notre bière gratuite journalière, nous décidons avec le barman et quelques que personnes de l'auberge de sortir. Nous dansons jusqu'à pas d'heure, rentrons tard (ou tôt, tout dépend), et le lendemain je béni l'auberge de n'avoir à faire mon check out qu'à 13h !
Nous passons notre journée à dormir. Je squatte un lit qui n'est pas le miens, étant donné que je n'ai techniquement plus le droit de dormir dans les lieux... Et à 20h me voila parti pour la gare routière pour prendre mon bus en direction de Potosi.
J'ai 10h de route, comme dans la plupart des bus boliviens, il n'y a pas de toilettes, juste un vague arrêt en bord de route à 3h du matin. Le départ de La Paz de nuit est tout aussi impressionnant que l'arrivée, cette fois-ci tous les pans de montagnes qui nous entourent sont remplies des lumières des nombreuses maisons, et l'on se rend vraiment compte de l'étendue gigantesque de la ville.

                La montagne maudite de Potosi

   J'arrive tôt à Potosi, la ville maudite, à cause de la grande montagne qui la surplombe. Cette montagne maudite qui tue les mineurs dans ses entrailles alors qu'il partent à la recherche d'argent. 
Potosi fut du temps des colons espagnols la plus grosse source d'argent du monde. Mais aujourd'hui la ville argentée est déchue. C'est une des cinq plus haute ville du monde, à 4600m d'altitude, elle est devenue très pauvre, polluée et plus très belle. Les pauvres hommes y viennent pour miner en espérant faire fortune mais ils travaillent comme des bêtes dans des conditions dangereuses et étouffantes à l'intérieur de la montagne, ne gagnent qu'une misère et ont une durée de vie moyenne de 45 ans, finissant par mourir en crachant du sang du fait de la poussière fine respirée à longueur de journée dans les galeries. Un travail terrible pour une vie terrible. 
Je n'ai pas du tout aimé Potosi. La ville est sale et polluée, les habitants pas vraiment accueillant... Mais j'ai aimé y voir les zèbres boliviens: le gouvernement emploie dans les grandes villes des jeunes rigolos qui se déguisent en zèbres et passent leurs journée à arrêter les voitures pour aider les habitants et surtout les enfants à traverser la route sans se faire écrasés. Ils sont toujours très gentils, marrant et pleins d'énergie.
Etant claustrophobe je n'ai pas visité les mines mais me suis rabattue sur un cloitre encore en partie utilisé, où, à l'époque, les soeurs entraient vers leurs 18 ans et ne ressortaient jamais, même leurs corps étaient enterrés dans le couvent. Elles ne pouvaient plus jamais voir leur famille, à part une heure par mois au travers d'une grille. Le couvent est magnifique cependant avec un jardin luxuriant au milieu.
Le lendemain matin à la première heure, je file à la gare routière pour sauter dans un bus en direction de Sucre, la capitale administrative du pays.

                                     Un des zèbres de Potosi

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