mercredi 20 avril 2016

El Condor Pasa

Puno - Arequipa, 6 heures de bus, 310 km, de 3800 à 2330 mètres d'altitude.

   Arrivée à Arequipa de nuit, après six longues heures de bus avec une femme à coté de moi qui avait visiblement peur de tomber malade puisqu'elle mettait une petite serviette sur sa bouche et son nez à chaque fois que j'éternuais ou toussais (je suis bien malade depuis ma saucée au Machu Picchu...). A tel point que pour dormir elle mettait sa serviette sur tout son visage...
Je m'achète quelques pains pour faire effet de diner, malheureusement ils n'ont absolument rien à voir avec ceux de Puno et ceux-là sont affreusement secs.
Le matin je petit déjeune et fait connaissance d'une mexicaine partie pour voyager dix jours et jamais rentrée depuis sept mois. On part faire un tour gratuit de la ville, j'y retrouve également Laura, la française rencontrée à Cusco. Après la visite, notre petite équipe (entre temps nous sommes passés de trois à sept) part déjeuner dans un restaurant français recommendé par des français, où le déjeuné (entrée, plat, boisson) est à 8 soles (environ 2€...). Le chef est français, vient d'ouvrir son établissement et a un succès fou. La nourriture elle, est absolument délicieuse et ça fait du bien de manger un peu français après près de 7 mois!

                          Des vicunas devant le volcan Misti !
             Attention, il peut y avoir des lamas sur la route !


   Arequipa est une ville magnifique, elle porte le nom de la ville Blanche pour la couleur de ses batiments mais surtout parce qu'après la colonisation seuls les espagnols y vivaient. Et cette ville magnifique est surplombée par un paysage à couper le souffle: le volcan Misti qui avoisine les 6000m d'altitude (nous sommes à 2300) ne se trouve qu'à quelques dizaines de kilometres, et une grande chaine de montagne avec des neiges éternelles complète parfaitement le paysage. Mais cet environnement à un prix: comme un peu partout au Pérou, la région est sujette aux tremblements de terre extrêmement fréquents (le dernier conséquent, en 2001, à d'ailleur fait tomber une des deux tours de la géante cathédrale, aujourd'hui reconstruite et un peu plus blanche que la première), mais le plus grand danger est le Misti, qui est encore en activitée aujourd'hui... Sa dernière érruption violente date du 15ème siècle et connait depuis des explosions de temps en temps (la dernière en 1985) mais le jours où il se décidera de nouveau, tous les villages de ses flancs seront avalés, et Arequipa tiendra lieu de nouvelle Pompéi, alors recouverte d'une couche épaisse de ses cendres.

                                        
                                Un court arrêt à 4900m d'altitude avec une belle vue sur les volcans

   Le lendemain matin, Laura, Maxime (un ami de Laura) et moi-même partons pour deux jours en bus visiter le canyon de Colca connu pour ses condors majestueux. En mal d'argent et avec peu d'envie de marcher deux jours à plus de 3000m d'altitude, nous prenons un tour tout ce qu'il y a de plus touristique mais qui nous permet de voir de nombreux Lamas, Alpaca et Vicunas (non, ils se ressemblent, mais ce ne sont pas les mêmes animaux !) le long de la route, de se baigner dans des thermes bien chauds haut dans les montagnes aux portes du canyon, d'en apprendre plus sur les danses folkloriques de la régions, qui sont relativement osées malgré leurs tenus peu dévoilantes, et surtout, d'assister au vol des condors au dessus de nos têtes au milieu du canyon. Le lieu où nous pouvons les observer est une falaise du canyon de un kilomètre de profondeur, mais en prenant le point culminant du canyon et son point le plus bas, 5000m de différence, cela en fait le canyon le plus profond du monde. Nous avons de la chance et pouvons voir une petite dizaine de condors, et relativement près.


                             
                                   L'entrée du canyon

   Une fois rentrés à Arequipa, nous recupérons nos affaires et filons prendre un bus pour faire les 10h qui séparent Arequipa de Nazca pendant la nuit.
Malgré la beauté du canyon et de la ville, je note un petit bémole: les prix pour gringos... Un détail nous a effectivement un peu énervé, l'entrée du canyon est payante, pas de problème là-dessus, sauf que les étrangers doivent s'acquitter de 70 soles, soit près de 20€, même en n'y restant qu'un seul jour, même pour l'Europe ce tarif parait vraiment cher pour poser les pieds dans un site naturel. Mais le pire dans tout ça, c'est la préférence nationale. Dans un sens j'encourage cette idée, il semble normal que les locaux puissent profiter de leurs terres mais la différence est indécente. Un étudiant péruvien ne paye que 5 soles pour entrée, soit un peu plus de 1 euros, un péruvien 20 soles (soit environ 5€) mais le dimanche un couple de péruvien peut rentrer à deux pour 20 soles (soit 2€50 chacun) et un sud américain ne paye que 40 soles (soit environ 10€). Un étudiant étranger ? Qui as la carte d'étudiant internationale ? 70. La différence est énorme et injustifiée. Nous avons également rencontré un couple helvetico-péruvien. Pour aller au Machu Picchu, la femme suisse est obligée de prendre le train touristique qui coute un bras (malgré 30 ans de mariage avec un péruvien), mais son mari peut prendre le train pour locaux qui ne coute presque rien. Si il veut bien entendu, il peut prendre le train touristique et payer cher mais n'a toujours pas le droit de voyager avec sa femme, puisqu'étant péruvien il doit utiliser un wagon spécifique du train...
Le tourisme est l'essence de ce beau et riche pays, mais il a tendance à empoisonner les mentalités au point de perdre tout bon sens pour se faire de l'argent sur le dos des étrangers, malheureusement.


                          Le vol des condors 



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