samedi 12 décembre 2015

Merveilles

Troisième étape du voyage, Recife/Olinda, Etat du Pernambouc, Nordeste, un jour et demi. Temps de trajet: 5 heures de bus tôt le matin depuis Natal.

Il s'agit plus d'une listes de personnes bienveillantes rencontrées les unes après les autres en un très court temps, que d'un réel récit de voyage. Mais ceci relate le sentiment général qui m'a porté pendant ce jour et demi.

        
                                           Des masques géants à Olinda

  Le car. Cette femme, s'accorde avec moi pour dire que les arrêts de ce bus sont bien étranges voir très peu sécurisant, et qu'on va patienter trente minutes de plus pour descendre à la gare routière.
  La sortie de métro. Il y a du monde. Je n'aime pas le coin. Ce jeune qui me voit avec mes sacs à dos, scrutant les alentours, me propose directement son aide. Je la refuserait malheureusement dans ce climat ambiant de méfiance.
  À l'arrêt du bus. Cet homme qui me demande d'où je viens puis me parle avec le plus grand intérêt de tous les philosophes français qu'il a lu. J'ai un peu honte, je n'en connais même pas la moitié.
  Arrivée à l'auberge "Les pirates de la plage". Le pirate Will, de son nom de civil Hermeson, m'accueil. S'ensuit une bonne rigolade alors qu'il tente désespérement de deviner d'où je viens par mon accent en portugais. Il abandonnera après allemande, anglaise et même polonaise et me proposera plutôt le "shot de bienvenue" (on est dans une auberge de pirates hein...). Il restera mon petit favori de tout le staff de la meilleure auberge jamais fréquenté, où absolument chacun d'eux transmettent leurs sourires et bonne humeur en un clin d'oeil.
  À la table de l'auberge. Jana, allemande voyageuse extrêmement sympathique, à qui j'aurais pris un malin plaisir à faire découvrir certaines des spécialités culinaires brésiliennes, de l'açai aux tapiocas, en passant par les brigadeiros et le jus de canne à sucre.
  Pendant le petit déjeuné. Une incroyable dame allemande, 65 ans, ne fait définitivement pas son âge, a vécu une vie dont je rêve, et voyage encore de toute son âme.
  A Olinda. Ce vendeur de bijoux par terre à l'ombre d'un arbre qui voulait me montrer son art. De son accent je déduis qu'il est immigré d'un autre pays d'Amérique du Sud. Je lui explique que je suis malheureusement à court d'espèces ce jour-là, mais reste discuter un peu avec lui, il est intéressant. Il me serrera la main et me remerciera d'être venue lui parler.
  A l'auberge. Chacune de ces personnes avec qui j'ai discuté pendant ce court séjour dans cette auberge, tous avec différentes histoires de voyages et bons plans, tant intéressés par nos histoires respectives que se demander nos origines devient bien plus important que connaître nos prénoms.

                             
                                         Attention: risques d'attaques de requins

  Et enfin, dans le bus pour la gare routière. Jaci, la "cobradora", cette personne à qui on paye son passage en bus. Elle me demande d'où je viens, me laisse m'assoir à l'avant à côté d'elle. S'ensuit une véritable conversation de quinze minutes. Elle me raconte comme la vie est dure au Brésil, elle qui gagne le salaire minimum (R$750, à peine 180€) et qui élève tant bien que mal son fils et sa fille de 16 et 10 ans. Sa soeur s'appelle Joana, ils ont tous un prénom en J dans la famille. Elle me dit que son frère est déjà allé en France, mais que elle n'a jamais quitté Recife bien qu'elle rêve de voir le monde. La conversation tourne, je lui fait part de ma crainte de la violence dans certaines villes et de mon malaise à devoir prendre les transports aussi tard pour la gare routière (il est 20h30), n'ayant plus assez d'argent pour le taxi. A entendre ça elle prend soin de moi par tous ses conseils. Elle me dit de ne demander des renseignements qu'aux personnes un peu agés, qui sont plus sûres; de ne jamais sortir d'espèces ou mon téléphones en public...
La criminalité venant essentiellement des jeunes, elle m'a dit cette phrase forte, qui m'a touché et qui est tellement réelle ici: "les enfants dans notre pays ils sont touchés par une maladie grave: l'abandon. Leurs parents n'ont pas d'argents, ils ne peuvent pas leur offrir de bonne éducation, ils sont abandonnés et se tourne vers les drogues, ce qui les mènent très jeune à la criminalité.". Elle me dit que quand elle voit ces jeunes, elle ressent une douleur à en pleurer.

  Nous arrivons au métro. Je la remercie pour sa gentillesse, elle me sert la main et me dit qu'elle fut enchanté de faire ma connaissance. Je lui promet que je ne l'oublierai pas, parce que ce fut une rencontre brève mais extrêmement touchante. Elle me dit de penser à elle quand je serai en France.
Cette femme a rendu ma journée magnifique en un petit quart d'heure, par sa bonté, sa beauté, son humilité et ses mots. Je penserai à elle en rentrant en France mais aussi dans chacun de mes voyages. Elle qui n'a pas les moyens de partir en voyage, je l'emmènerai dans mes pensées à chacuns des miens.

    
                                                La fin du chemin ?

Wonders

Third stop on the trip, Recife/Olinda, state of Pernambuco, Nordeste, one day and a half. Trip: 5 hours of bus very early in the morning from Natal.

Here is more a list of great people, met one after the other in a very short time, than a travel story. But this gives the general feeling that held me for this day and a half.

        
                                           
Giant masks in Olinda

  The bus. This woman, agreeing that these stops the bus makes are quite weird and unsecure, we will wait thirty minutes more to get down at the bus station.
  The metro station. Lots of people. Don't like this place. This young man who offers me his help right away, seeing me looking around with my bags. I will say no, unfortunately taken into this climate of stress.
  The bus stop. This man asking me where I come from and then telling me passionately about all the    French philosophers he's read. A bit ashamed, I don't know half of them.
  Arriving at the hostel "The beach's pirates". The pirate Will, of civilian name Hermeson, welcomes me. Follows a great laughter with him trying desperately to guess my origine on my accent. He will give up after trying German, British and even Polonese and will instead offer me the "welcome shot" (we are indeed in a pirate hostel...). He will be my little favorite of all the staff in the best hostel ever visited, where anyone of them would infect you with their smiles and good mood in a heart beat.
  Sitting at the table. Jana, super nice traveling German, to whom I took a malicious pleasure to make experiment some of the brasilians culinarian specialties, from açai to tapiocas, by brigadeiros and sugar cane juice.
  During breakfast. An amazing German woman, 65 years old, definitely not making them, lived my dream life, and still travels with all her soul.
  In Olinda. This jowelry maker sitting on the floor in the shadow of a tree who wants to show me his art. From his accent I guess he is from another south american country. I tell him that unfortunately I am out of cash today, but stay chatting with him, he is interesting. He will shake my hand and thank me for staying to talk with him.
  At the hostel. Anyone I talked with during this short stay, each with different travel stories and good tips, so interested in each others' stories that asking our origine becomes way more important than knowing our names.

                 
                                           Careful: shark attacks

  And finally, in the bus to the station. Jaci, the "cobradora", this person to whom you pay your bus ticket. She asks me where I am from, lets me sit in the front of the bus on her side. Follows a real fifteen minutes conversation. She tells me how life is hard in Brasil, she who earns the minimal wage (R$750, not even 180€) and raises however she can her son and daughter of 16 and 10 years old. Her sister's name is Joana (like mine), they all have a name in J in the family. She tells me her brother has already been to France, but she has never left Recife although she dreams of seeing the world. The conversation turns, I tell her about my fear of the violence in some cities and of how ill at ease I feel having to take the bus so late to get to the station having no money left for a cab (it is 20h30). When hearing this, she takes care of me with all her advices. To only ask things to older people, who are safer; to never get my wallet, my cash or my phone in public...
The criminality coming essentially from the youth, she told me this sentence, very strong, that touched me because of how real it is here: "the children in my country have a serious sickness: the abandonment. Their parents don't have money, they can't afford to give them good education, they are abandoned and turn themselves towards the drugs, which then leads them very young to crime.". She tells me that when she sees these young people, she feels a pain strong enough to cry.

  We arrive at the metro station. I thank her for her kindness, she shakes my hand and tells me that it was a pleasure to meet me. I promise her I will not forget her, because it was a meeting short but that touched me a lot. She tells me to think of her when I will be in France.
This woman has made my day beautiful in a small quarter of an hour, with her sincerity, her beauty, her simplicity and her words. I will think of her when going back to France but also in anyone of my future trips. She, who doesn't have money to travel, I will bring her in my thoughts in all of mines.

      
                                       The end of the way ?

mardi 8 décembre 2015

Tout vivre mais le vivre bien !

Je n'ai rien écrit depuis un mois parce que simplement je n'avais pas la tête à ça. Ce texte est un peu anti-daté du coup parce que je ne l'ai pas relu avant aujourd'hui mais le voila quand même!

   J'ai vingt-deux ans, vécu dans quatre pays (je compte comme 'vivre' dans un pays à partir du moment ou l'on y a un lieu fixe avec une sorte de routine, et pas juste du voyage), j'ai des amis ou de la famille à peu près vingt pays du monde. C'est simple, plus on voyage, plus on a envie de voyager, plus on peut voyager facilement grace aux connaissances que l'on se fait sur le chemin...

   J'ai vécu dix mois au Kansas, je rêve de visiter la côte ouest américaine, d'aller rendre visite à une bonne amie au Canada. J'ai vécu en tout un an et demi en Suède, à la fois au nord et au sud, je rêve de visiter les fjord norvégiens, les lagons islandais. Je vis depuis trois mois au Brésil, j'en suis à la moitié du séjour prévu, j'ai en tête le voyage qui m'attend après dans le reste de l'Amérique du Sud. Je rêve de faire un grand road trip en Europe de l'est, de rendre visite à de chères amies en Italie et en Slovénie, de voyager en Inde, au Laos, au Cambodge. J'ai hate de pouvoir sauter dans les bras de ma meilleure amie à Madrid et de retourner au Portugal.
Mais plus que tout, j'ai vécu en France. Environ dix-huit ans si je compte bien. J'en connais quelques coins, là où j'ai de la famille, mais je connais bien mieux la Suède et certainement aussi le Brésil. 

J'ai depuis mes seize ans, ce syndrome étrange, ce besoin de partir, cette bougeotte. Je ne peux pas rester en place. J'ai en tête tellement de lieux à voir. Et toujours ce même problème de temps.

     
                     La Chapada Diamantina que j'ai enfin eu la chance de voir !

   Il y a un peu plus d'une semaine que mon pays, mes voisins parisiens ont été attaqués, alors que j'étais en train de parcourir le nord-est du Brésil, à me rendre compte petit à petit de la violence chronique et de la pauvreté de ce, pourtant, magnifique pays. Cette soirée, à obtenir des nouvelles de la situations au compte goutte entre la télé brésilienne et ma soeur sur facebook, à parler avec mes amis les uns après les autres, à lire frénétiquement toutes les publications sur facebook, chacune y associant un nom et me rassurant un peu plus, les yeux gonflés en dessous de mon eyeliner bien tracé et tremblante dans la belle robe que je venais d'enfiler pour sortir avec une amie. Cette soirée, je pense ne jamais pouvoir l'oublier. Parce que j'étais la seule française dans les environs, que je voyais mon amie assister à ma détresse sans savoir quoi dire, sans savoir quoi faire. Que je voyais les regards de ses parents impuissants devant ma tristesse en regardant les infos.
Cette soirée a changé une partie de ma perception de la vie. J'ai soudainement envie d'être en France, pour la première fois depuis mes seize ans, c'est dire. J'ai envie de visiter mon pays, de découvrir ses beautés que je ne connais pas. Je ne veux plus faire une course contre la montre pour visiter des lieux qui me font rêver, je veux en profiter, pour de vrai. Dans ma tête tout s'est bousculé. Le voyage de trois mois qui devait m'emmener du sud de l'Argentine à la Colombie, se résume désormais à démarrer du désert d'Atacama, sans compteur de temps, en y allant jour après jour, pour traverser la Bolivie et le Pérou sans me presser avant de rejoindre mon père en Martinique. J'ai jeter les dizaines de feuilles volantes sur lesquelles s'inscrivaient mon parcours minuté. Je sais juste que je commencerai par l'ile de Paques début mars et que dans les environs de debut juin je rentrerai en France depuis la Martinique.

                                      
                                                     Un poste de MNS à Recife !

   Je suis rentrée hier chez moi, à Rio. Cette ville si familière désormais dont je connais les rues, les coins à ne pas fréquenter, les beaux endroits. Cette ambiance qui est mon chez moi en ce moment. Ça fait du bien de se sentir à la maison. Et pourtant, j'ai envie de rentrer en France. De manger du fromage de brebis avec de la confiture de cerise noir avec mes soeurs dans le pays Basque. De me balader dans les rues de Paris avec mon frère et ma mère. De rendre visite à mon frère à Nantes, ville que je ne connais pas encore. De manger des speatzle en Alsace avec oncles, tantes, cousins et grand-parents.

"Personne ne réalise combien il est beau de voyager avant de revenir à la maison et de reposer sa tête sur son vieil oreiller familier." - Lin Yutang, écrivain chinois.

To live everything but to live it well !

This text is a bit outdated, but when I wrote it I was not in the mood either to reread it nor to post anything. But here it is anyway!

   I am twenty-two years old, have lived in four countries (I count as 'live' somewhere when it involves staying in one place with a sort of routine, not just travels), I have friends and family in roughly twenty countries. It's easy, the more you travel, the more you want to travel, and the easier it gets considering the people you meet along...

   I have lived ten months in Kansas, I am dreaming of seeing the west coast of the US and to visit a good friend in Canada. I have lived in total one year and a half in Sweden, both north and south, I am dreaming of seeing the norwegian fjords, the islandic lagoons. I have been in Brazil for three months, halfway of the trip designed, with in my mind the rest of South America waiting for me. I am dreaming of doing a big road trip in eastern Europe, to visit great friends in Italy and Slovenia, to travel to India, Laos, Cambodge. I am looking forward to jump on my best friend in Madrid and to go back to Portugal.
But more than anything, I have lived in France. About twenty years if I count right. I know of some places there, where I have family, but I know Sweden much better and maybe even Brazil.

Since my sixteen I have this strange syndrome, this urge to move. I can't stay put. I have in my mind so many places to see. And always this same time issue.

       
                                  The Chapada Diamantina that I finally got to see !

   A bit more than a week ago my country, my parisian neighbors have been attacked, when I was traveling through north-eastern Brazil, slowly getting to witness it's chronicle violence and poverty although the surroundings are so beautiful. This night, slowly getting news about the situation between the brasilian tv and my sister on facebook, talking with my friends one by one, reading frenetically all the posts that were appearing on facebook, each one reassuring me with a new name associated, with puffy eyes under my perfect eye-liner and shaking in that pretty dress I had just put on to go out with a friend. This night, I think I will never forget it. Because I was the only french in the surroundings, because I could see my friend looking at me without knowing what to say or to do. Because I could see the looks of her parents powerless in front of my sadness watching the news.
This night changed a part of my conception of life. I suddenly really want to be in France, for the first time since my sixteen! I want to visit my country, to discover its beauties that I don't suspect. I don't want to run against the clock anymore just to visit the places I am dreaming of, no, I want to enjoy them, for real. In my mind it all changed. The three months trip that was supposed to take me from the south of Argentina to Colombia will now be resumed in starting from the north of Chili, without a ticking clock, going day after day, to cross Bolivia and Peru without having to hurry before joining my dad in Martinique. I threw away all the sheets where every minute of my trip was already written. All I know is that I will be starting from the Easter Island in March and that I will be flying back to Paris from Martinique at some point in June.

                                   
                                           A life-guard post in Recife (Pernambuco)!

   I came back home yesterday, in Rio. This city now so familiar where I know the streets, the places where I shouldn't go, the pretty places. This is my home right now and it feels good. But I do want to return to France. To eat goat cheese with cherry jam with my sisters in the Basque Country. To take walks in the parisians streets with my mom and brother. To visit my brother in Nantes, city that I still don't know. To eat speatzle in Alsace with the rest of the family.

"No one realizes how beautiful it is to travel until he comes home and rests his head on his old, familiar pillow." - Lin Yutang, chinese writer.

lundi 9 novembre 2015

Le rêve du Nordeste

   C'est parti pour MON grand voyage pendant ces six mois au Brésil. Me voila partie pour deux destinations dont je rêve depuis un petit bout de temps: les Lençois Maranhenses et la Chapada Diamantina.

   Après avoir passer deux semaines à planifier le tout, j'ai pu me rendre compte que les Lençois Maranheses n'étaient clairement pas l'option de voyage la plus économique, et surtout que leur accès n'est vraiment, mais alors vraiment pas évident. Pour vous donner une idée, pour tenter de rejoindre la Pousada (auberge) qui m'intéressais à Atins (une toute petite ville en bordure du désert -contient de l'eau, donc techniquement pas un désert-) par mes propres moyens, depuis l'aéroport le plus proche à 250 kilomètres (Sao Luis, capitale de l'état du Maranhao), il m'aurai fallu deux jours à cause du manque de transports... Heureusement, en discutant avec le gérant de la pousada, j'ai pu me voir proposer un transfert direct depuis l'aéroport, à la seule condition que j'arrive à une heure bien précise: l'avion de 2h45 du matin. Oui ça fait tôt. 

   Donc c'est parti pour un vrai périple. Départ de la maison le mardi 3 novembre à 16h45, j'ai une chance de folie et attrape le bus pour l'aéroport à 17h00. Arrivée à l'aéroport international de Rio à 18h45, le lieu est vide. Vide. Je me retrouve donc devant ma porte d'embarquement à 19h ! Plus que deux heures à attendre ...
J'aurai une petite surprise une fois l'avion décollé, pensant que le vol durerai deux heures: ah bin non, en fait le Nordeste reste à l'heure d'hivers, donc une heure de moins, donc trois heures de vol... L'avantage c'est qu'il fait nuit, et que j'ai donc la possibilité d'observer le magnifique ciel étoilé. J'ai hate de pouvoir le voir du désert, ce ciel de l'hémisphère sud que je ne connais pas encore.
L'attérissage à Fortaleza pour mon escale se fait sans encombre. Cette ville est assez impressionante. Ce sont des lignes et des lignes de lumières, sans pouvoir apercevoir le moindre immeuble véritable. C'est plat, ça change pas mal de Rio !
Mon deuxième avion est retardé, une heure d'attente à l'aéroport entre minuit et 1h du matin et c'est là que je sais que je suis arrivée au bon endroit: à peine assise, j'ai déjà un moustique qui vient me titiller. Même à l'intérieur de l'aéroport... L'attente sera un calvaire à cause de ça, note à moi même, pour les quatre heures dans le même aéroport dans deux jours, prévoir le répulsif.

   Une fois attéri à Sao Luis, avec quarante-cinq minutes de retard et la peur de rater mon transfer, le voyage est encore loin d'être fini. Les Lençois ça se mérite! Il faudra encore parcourir trois heures et demi de voiture jusqu'à Barreirinhas. Et se sont pendant ces quelques heures que l'on peut enfin se rendre vraiment compte que l'on se trouve au Nordeste, région désertique avec très peu de travail et une pauvreté extrême. Le long du chemin, il y a des dizaines de petites maisons construites avec des morceaux de bois et de la chaux. On repère vite les maisons un peu plus riches, faites de briques. Après le long trajet on arrive à Barreirinhas, la plus grande ville dans le coin. Les routes sont de terres sauf quelques unes du centre qui sont pavées. Je rencontre le tenant de ma pousada, qui me mène jusqu'au jeep qui va me permettre de parcours le derniers kilomètres. Là, il me faut attendre une heure, assistant impuissante à la pire organisation jamais vue: beaucoup de personne vont prendre cette voiture (nous finirons à quatorze personnes sans le conducteur), chacune d'elle ramène de la ville ses provisions, des énormes de sacs de riz, de farines et autres achats, je ne vous laisse même pas imaginer le manque d'organisation et de logique pour loger le tout sur le sol de la voiture. Nous finirons à treize à l'arrière, les pieds sur les sacs. C'est partis pour la fin du parcours: une heure trente de trajet dans le rien du tout. 
Il n'y a absolument rien aux alentours, juste une vague piste pour les jeeps et les quads. Ça secous fort, ce sont donc une heure trente d'observation vu qu'ouvrir un livre est absolument impossible, rien que sortir mon foulard de mon sac pour protéger mes bras en train de bruler au soleil fut un parcours du combattant !

   Voila, enfin arrivée. La ville, Atins, possède des routes, certes, mais des routes de sables ! D'un coup, au milieu de rien un peu avant la ville, apparaissent des cables électriques. Un peu plus loin, un grand panneau indique "électrification rurale - date de début 05/08/2015". Oui, vous avez bien lu. Il y a de l'électricité ici seulement depuis trois mois, et c'est un petit miracle quand on est ici et qu'on se rend compte qu'il n'y a absolument rien à vingt kilomètres alentour !
Enfin arrivée, il est onze heures quinze, je suis partie de mon appartement mon sac sur le dos il y a dix-neuf heures trente exactement... Entre temps j'aurai pris un bus, deux avions, un mini-van et une jeep, et parcourus près de 3 000 kilomètres. 
                                                 Le jardin de la pousada...

J'ai exactement trois quart d'heure pour prendre un douche et souffler un peu avant que mon guide arrive avec le quad. C'est parti pour cinq heures dans les dunes des Lençois, enfin !
Malheureusement j'arrive à la fin de la période des lagunes. Elles sont déjà presques toutes asséchées avec l'arrivée de l'été. On fini par en trouver deux avec encore un peu d'eau jusqu'au genoux (il peux y avoir jusqu'à plusieurs mètres de profondeur !), dont une remplie de petits poissons. Vous savez ces petits poissons ou dans certains endroits on paye pour qu'ils nous fasse des massages de pieds ? Eh bien ici, sans payer, juste en mettant les jambes dans l'eau ils rappliquent tous pour vous faire des petits bisous, et une fois que vous êtes là, ils ne vous lachent plus ! Ou que vous irez, ils vous suivrons !
On va ensuite dans une sorte d'oasis: au beau milieu des dunes, ils y a un coin avec une végétations naturelle dense. Là, au milieu du désert, vivent deux familles, avec un restaurant. La femme vit là depuis vingt-huit ans. Juste à l'entrée de cette oasis, un bout de la rivière n'est pas encore asséché, cette rivière qui court sur toute une partie des Lençois grace aux lagunes durant l'hivers, pour aller se jeter dans la mer au bout du parc. Là, la profondeur est encore présente et il est possible d'y nager, encore que, calmez-vous, ce n'est pas cette eau qui vous rafraichira ! Elle est à peu près aussi chaude que la température extérieur: 30°C, à la différence que dehors il y a du vent !
Je passe la soirée à la pousada, pour un bon diner avec le tenant argentin et tous les argentins présent à ce moment. Rien de mieux pour améliorer mon espagnol, mais heureusement qu'ils comprennent mon portugais sinon ce serai compliqué.

                                  
                                            Les délicieux pastels de siri 
 

   Il fait nuit noire, dans un village avec très peu de lumière: je peux enfin observé le ciel étoilé d'Amérique du Sud pour la première fois. Je suis bien perdue sans notre fameuse Grande Ourse, mais je sais désormais reconnaitre la Croix du Sud et les Trois Maria.
Après une nuit bien méritée, le réveil sonne tot pour aller faire du cheval toute la journée dans les dunes du parc.
Je commence avec Lichka, un cheval assez petit et très endormi. Autant dire que ce n'est pas le plus confortable pour moi et j'ai vraiment du mal à suivre mon guide qui a un cheval bien plus vif. On va jusqu'à un restaurant à l'entrée des dunes pour déjeuner les fameuses crevettes grillées, reconnues il y a quelques années comme les meilleures crevettes du monde par le NY Times, et j'approuve!
Voulant pouvoir assister au coucher de soleil depuis les dunes mais ne voulant pas crever les chevaux, on reste quelques heures au restaurant. On s'accorde une petite sièste dans les hamacs. La meilleure sieste de ma vie, parce que j'en avais vraiment besoin mais surtout parce que c'était dans un hamac avec juste les rires des enfants comme fond sonore et les palmiers, les dunes et le sable comme vision en ouvrant les paupières...
                                  
               Allez hue Canabis, hue ! Tu n'avance pas du tout Canabis ... -A bon entendeur ;)

                                  
                                             Vue de l'intérieur du hamac au réveil 


Nous voila reparti, et mon guide me laisse Iko, son cheval, pour pouvoir accéler un peu. Quel bonheur de pouvoir galoper au pied des dunes. Les chevaux ont l'habitude et n'ont aucuns problèmes pour arriver au sommet. On s'arrête une demi heure dans ce qui est normalement une lagune mais complètement asséchée et donc avec beaucoup de végétation et d'herbe pour les chevaux. C'est l'occasion de pouvoir discuter un peu plus avec mon guide, argentin, venu aux Lençois il y a un peu plus de deux ans pour visiter sans être jamais reparti. C'est vous dire comme la vie est agréable ici ! Il me parle de ses chevaux, de ses problèmes d'intégration avec son commerce n'étant pas un natif, de la difficulter à trouver assez d'argent pour vivre et s'occuper de ses chevaux. J'ai adoré ce moment. J'ai pu ressentir tout l'amour qu'il avait pour ses chevaux, et à quel point il faut travailler ici pour s'occuper d'eux, aller acheter des kilos et des kilos de nourriture à la ville, les transporter, et avoir encore du mal à les garder en forme à cause du manque d'herbe dans les parages. Parce que si dans cet espèce de sable les manguiers, papayers, ananas (c'est aussi le nom de la plante!) et autres anacardiers (arbre ou pousse les fruits Cajou, qui donnes les noix, et un jus délicieu) poussent tout seuls (dans la pousada, tous les fruits mangés sont du jardin, même les ananas !) l'herbe, elle, ne pousse que très peu.
                                     
                                                             Now we're talking !
      L'"oasis" est au bout, et on peut voir le sable voler avec se vent qui ne s'arrête jamais.


On remonte à cheval pour monter une grande dune et voir le coucher de soleil de là, mais malheureusement les nuages ont décidé de s'installer sur tout l'horizon... C'est pas grave, la lumière est quand même belle et l'ambiance tellement unique, seuls là, au milieu des dunes, avec la mer au bout. On se refait un bon galop pour rentrer à la pousada. Il est temps d'y passer ma dernière soirée et nuit, avec les délicieuses pasteis de Siri (petit crabe du Nordeste) fait par Maria José, la femme qui s'occupe de tout à la pousada, la soirée avec les Argentins, pas mal de rire et une dernière observation de ce ciel magnifique. Et demain, à six heure trente du matin, il sera déjà l'heure de quitter cet endroit paradisiaque, et je n'ai déjà qu'une envie: y retourner en hivers pour profiter des lagunes pour de vraie!  
                                    
                                                       Depuis la lagune asséchée
  
                                            C'était beau quand même !

   Après deux jours de rêve, il faut bien repartir parce que la vie dans les Lençois coute chère et que le porte-monnaie a malheureusement une limite ! Et voila de nouveau le périple pour atteindre l'aéroport. Vous connaissiez la voiture taxi, la moto taxi, et bien moi je commence mon voyage avec un taxi encore plus cool, le quad-taxi ! Parce que dans ces routes en sable il n'y a pas vraiment d'autre choses qui passe. Après dix minutes de trajet, j'arrive au 'port' du village. Je dis 'port' parce qu'il s'agit ni plus ni moins d'une plage désertique. Il est 6h45 du matin, je suis seule sur les lieux, et je commence à douter que mon bateau vienne effectivement me chercher... Ouf sept heure, il arrive juste à l'heure. Une heure et quart de traverssés plus tard, j'ammarre à Barreirinhas, j'ai dix minutes pour trouver la banque devant laquelle doit m'attendre le mini-van pour l'aéroport. Bon il faut tout de même se rappeler que nous sommes au Brésil, après un taxi en avance et un bateau juste à l'heure, il fallait bien rééquilibrer la tendance avec quinze minutes de retard. Le van n'a plus de climatisation, ce seront donc près de quatre heures dans une chaleure étouffante. C'est donc seulement après six heures de trajet que je peux entamer le 'vrai' voyage, avec un premier avion pour Fortaleza, mon escale avant Natal. Ce n'est pas la première fois que cela m'arrive et je pense que c'est symptomatique du Brésil, ils ont une facheuse tendance à commencer l'embarquement de l'avion à l'heure prévu du décollage de ce dernier ... Bon l'avantage c'est qu'ici, ce petit détail n'a pas l'air de beaucoup les stresser.
     
                        Mon sac à dos sur la plage déserte, esperant que le bateau raplique...


   J'ai quitté un endroit paradisiaque dont j'avais rêvé depuis plus de deux ans. J'y ai rencontré des personnes intéressantes, comme lors de la plupart de mes voyages, mais celui-ci me laisse un sentiment différent, une tristesse différente. J'y ai trouvé un endroit que j'ai adoré, plus que beaucoup d'autre que j'ai pu connaitre. J'y ai trouvé quelque chose de spécial, de tellement différent de tout le reste. J'ai apprécier être un peu coupé du monde dans ce lieu magique. Et en le quittant je suis aussi triste que lorsque je quitte des amis chers sans savoir quand je pourrai les revoir. Le séjour fut court mais intense, et j'ai l'impression d'y avoir laissé un petit bout de moi, sans y avoir d'amis, sans y avoir d'attaches, j'ai trouvé un lieu ou je sais que je vais devoir retourner juste pour sa magie. Voila le genre de sentiment que vous laisse les Lençois Maranhenses après deux ans à en rêver...

                                   
                                                                Rien à ajouter ...


Faisant tout depuis l'Ipad, je n'ai pas de possibilité d'intégrer les photos de mon appareil, donc pas de lagunes pour le moment.
Et désolé pour l'extrême longueur de l'entrée mais j'ai pas réussi à faire mieux. C'était tellement parfait !

mardi 3 novembre 2015

My Rio

   More than anything, it is the small things, the little details that fascinate me when I travel somewhere.

   Rio, it is a constant noise. The cars joining us in our living room from one window, and from the other it is the TV or the music of the neighboor, when it is not the construction work. 
Rio, it is a huge mess, with the worst traffic jam. 
Rio, and Brazil in general, it is an administrative mess even worse than the French one. Just to register as a foreigner on a student visa (already payed in France), you will need to go three times to the airport (about three to four hours in the traffic jam each time...) and pay two more taxes for a total of R$300 (80€). 
Rio, it is the beach five minutes away from your flat. To be able to relax your feet in the ocean after a long run by Copacabana. 
Rio, it is sellers of everything absolutely everywhere. From the metro trains to the beach, as well as inside the buses. These sellers who will sell you everything from kit-kat bars (everybody here knows the famous "kitche-katche - dois reaaaaaais!") to caïpirinhas, as well as swim suits and even glue (remember that I only tell the truth ...). 
Rio, and Brazil, are all these wonderful, interesting and welcoming people. 
Rio, is life in summer. Where not having glass on your windows is the least of your problems, because anyway one doesn't close anymore, I broke the glass of another one a month ago (but actually it gives us some air on very warm days...) and anyway we never close any of them. 
To sleep in Rio is to become best friend with mosquitoes. 
To live in Rio is to take the habit to store honey and sugar in the fridge and flour and rice into well closed boxes because of the numerous ants and moths. 
Rio, it is the carioca accent. Anybody not from Rio that I meet loves to tell to me, laughing "ooooh that's so funny, you say your s's as sh's and your r's as h's !!!". 
Rio, it is mountains in the middle of the city. The one closest to my place is actually at the end of my street! 
And Rio is so many more things...

   It is all these little things, good as well as bad, that make the diversity and exotic of that city and that country. It is all these little things that make me love this place and love these people.
                                                                 Rio, eu te amo !
My Rio, between mountains and ocean, between favela and rich neighborhoods ... (photo taken from the favela of Vidigal)


Mon Rio

   Plus que tout quand je voyage ce sont les petites choses du quotidiens, les petits détails qui me fascinent...

   Rio, c'est le bruit constant. Les voitures se joignent à nous dans la salon par une fenêtre et par l'autre c'est la télé ou la musique des voisins, quand ce ne sont pas les travaux. 
Rio c'est un énorme basard, un traffic extrêmement dense.
Rio et le Brésil en général, c'est un basard administratif encore pire que le basard administratif français. Simplement pour s'enregistrer en temps qu'étranger avec un visa étudiant (déjà payé en France), il faut faire trois allés-retours (de deux heures par trajet) jusqu'à l'aéroport et payer deux taxes d'une valeur totale de R$300 (80€). 
Rio, c'est avoir la plage à cinq minutes de marche. Pouvoir relaxer ses pieds dans l'océan après avoir couru le long de Copacabana. 
Rio, c'est les vendeurs ambulants. Partout. Du métro (dans la rame...) à la plage, en passant par le bus. Ce sont ces vendeurs qui vendent de tout. Du kit-kat (tout le monde ici connait le fameux "kitchi-katchi - dois reaaaaais !") aux caïpirinha, en passant par les maillots de bain et la super glue (véridique).
Rio, et le Brésil, ce sont des personnes toutes plus spectaculaires, intéressantes et accueillantes les unes que les autres. 
Rio, c'est la vie en été. Où ne pas avoir de vitres aux fenêtres est le moindre des problèmes, puisque de toute façon une d'entre-elle ne ferme plus, une autre je l'ai cassé il y a un mois (au final ça nous fait de l'air les jours de grosses chaleur...) et de toute façon on ne les ferme jamais. 
Dormir à Rio c'est devenir meilleur ami avec les moustiques. 
Vivre à Rio c'est prendre l'habitude de ranger le sucre et le miel au frigo et la farine et le riz dans des boites hermétiques à cause des invasions de fourmies et de mites. 
Rio, c'est l'accent carioca. Toute personne ne venant pas de Rio m'en fait d'ailleurs la remarque en rigolant "oooooh c'est trop drole, tu dis les 's' comme des 'ch' et les 'r' comme des 'h' !!!!". 
Rio, c'est avoir des montagnes au beau milieu de la ville. La plus proche de chez moi commence au bout de ma rue! 
Et Rio c'est encore tellement d'autres choses ...

   Ce sont toutes ces petites choses, bonnes comme mauvaises, qui font la diversité et l'exoticité de cette ville et de ce pays. Ce sont toutes ces petites choses qui font que j'adore cet endroit, que j'adore ces gens. 
                                                             Brasil, eu te amo !

Mon Rio, entre favela, quartier chic, montagnes et océan... (photo prise de la favela de Vidigal)

mardi 20 octobre 2015

L'Or Noir

Ville - Ouro Preto; Habitants - 70 000 (ouropretano/a); Altitude - 1 179m; Distance - 413km; Trajet - 7h de bus

   Voila mon premier petit voyage sur le territoire Brésilien. J'ai quatre jours de libres avec un lundi férié et en séchant les cours une journée ;)
Avec quatre jours, je peux enfin sortir de l'Etat du Rio de Janeiro (nom de l'Etat, en plus de la ville, qui en est sa capitale), direction l'Etat du Minas Gerais (Mines Générales) en compagnie de Paula, une amie de classe Argentine.
Mais comme ce pays est gigantesque, dire que je vais dans le MG, c'est large. Je me rend donc à Ouro Preto (Or Noir d'où le titre de l'article... Pas bête tout ça !), une des rares citée coloniale conservé telle quelle entre architecture coloniale et rues pavées. La ville à été construite au tout début de la colonisation du Brésil pour une raison bien simple: on y avait trouvé de l'or ! Ou plutot de l'or noir (avant épuration), en raison de sa contamination en fer.
Ouro Preto aujourd'hui est une petite ville étudiante, sa première université (l'école des Mines) y a été construite il y a 139 ans, sur la place Tiradentes (la principale de la ville. Pour les infos sur Tiradentes je vous laisses vous renseignez, mais je vous dirai juste que ça veux dire Arracheur de Dents, et que c'était une personne ... ;) ). Une petite ville donc, remplie de Repùblicas, qui sont des maisons partagées par des étudiants, avec une grande histoire de traditions. Chaque Repùblica fête son anniversaire le 12 octobre, celle ou j'ai dormi fêtait ses 35 ans mais il y en a des bien plus anciennes, chacune forme une sorte de cellule familiale pour les étudiants loin de leur famille. Chaque personne ayant vécu dans une Republica y est le bienvenu pour le restant de ses jours, a son portrait sur un mur de la Republica dédié aux portraits de ses habitants, et quand cette personne meurt, les habitants actuels mettent un ruban noir sur un angle du portrait, mais la photo y reste pour toujours. Il existe également un mur avec les portraits des grands amis de la Repùblica, ils sont généralement peu et tout comme les résidents, y sont les bienvenus quand bon leur semble !
La seule chose à faire quand une personne revient quelques jours dans sa Repùblica est de retourné son portrait face au mur.

                 Les portraits des Abelinhas, une d'entre elle est dans la maison !


   J'ai donc passé quatre jours dans le Favinho de Mel (la ruche de miel) en compagnie que quelques unes de ses Abelinhas ainsi qu'anciennes Abelinhas (diminutif affectueux de Abeilles). Il faut savoir que nous y étions le week end du 12 Octobre, qui, nous l'avons appris après l'achat des billets de bus, est LE week end annuel de commémorations de la fondation des premières Repùblicas et plus précisément cette année, les 139 ans de la fondation de l'Ecole des Mines par un français ! Donc: du vendredi au dimanche soir, CHAQUE Repùblicas d'hommes organisent des fêtes nuits et jours, avec bière gelée (non pas fraiche, gelé comme les aiment les brésiliens - uma gelada désigne une bière !) à volontée, et bizus pour vous servir (ici ils s'appellent Bixo, et doivent plus ou moins servir une Repùblica pendant quelques temps pour y être accepté). Et en générale, les groupes de filles font le tours des Repùblicas où elles connaissent des gens, les unes après les autres, pour y faire la fête, nuit ET jour.
Mais une spécificité de cette ville importante à noté ici, est qu'elle est construite dans les montagnes brésiliennes, et PAVEE. ça peut paraître un détails mais c'est important: ne surtout pas mettre de talons pour sortir, d'ailleurs, pas une seule fille n'en porte dans cette ville, et les boutiques n'ont pas l'air d'en vendre beaucoup. Et la marche est particulièrement difficile sur ses pavés grossiers avec des montée et descentes particulièrement abruptes. Après quatre jours, je peux sentir mes mollets comme si j'avais couru cinq marathons.

                                    
                                       Une des nombreuses églises coloniales de la ville

   Bon, les fêtes et la bière c'est bien beau, mais vous allez me demandé ce qu'on peut bien voir d'intéressant dans une ancienne ville coloniale au milieu des montagnes...
Et bien beaucoup de choses ! La ville en elle-même vaut largement le détour. Un dépaysement totale des l'arrivée. Je ne me remet d'ailleur toujours pas du fait que des voitures arrivent à y circuler...
Une particularité d'Ouro Preto sont ses églises. Des églises coloniale à l'architecture magnifique et des intérieur parés de mille et une dorures. Pour tout vous dire, elle ne compte pas moins de dix-neuf églises et chapelles pour 70 000 habitants... 
Bien sur, dans le Minas Gerais, il faut s'assurer de manger plusieurs fois par jours les délicieux Paes de Queijo, les meilleurs du pays (pains au fromages traditionnels du Brésil, mais surtout de la région). J'ai donc fais quatre jours de diete spéciale avec entre 2 et 4 pao de queijo par jour ;)
Mais il n'y a pas que la ville d'intéressante. Pour notre part, nous sommes allées visité une mine (on est dans l'Etat des Mines Générales tout de même...), avec un petit lac souterrain et un petit train pour y descendre. Très pitoresque tout ça !
Et avons fini le séjour en beauté, avec une visite des cascades des Andorinhas. Pas les plus belles de la régions (ils y en a beaucoup aux alentours), mais les plus faciles d'accès pour nous, deux filles sans voitures, dans un Etat inconnu, un jour férié. Et je pense que même sans être les plus belles, elles valaient bien le détour ! Surtout une grande cascade qui se trouve dans une grotte. L'entrée n'y est pas des plus faciles mais les jours fériés de chaleur, le lieu se transforme en la piscine municipale de la ville ...
D'autres minis cascades avec bassins d'eau sont bien agréables également pour se détendre au soleil, dans l'eau cristalline sur les pierres de terre rouge. Faire attention tout de même: la terre rouge sa tache ! Je ne sais pas encore si je vais pouvoir récupérer mon maillot de bain, mais pour jouer aux indiens et se faire des marques de guerrier c'est parfait ;)

                                  
                                  
Les bassins dans la terre rouge, et la fameuse Pedra de Jacare, sur laquelle je n'ai pas osée m'aventurer...
 

   Pour finir sur une touche rigolote je voudrais vous conter quelques traditions estudiantines de la ville. Bien entendu il y a une tradition de Bizu (Bixo) mais bien plus soft qu'en France, et la plupart disent que ce fut leur meilleurs période en temps qu'étudiant dans la ville. Une fois accepté dans la Repùblica, l'ancien Bixo gagne un surnom qui sera utilisé comme une sorte de seconde identité avec les autres étudiants. Les surnoms sont en général assez humoristiques.
Chaque Repùblica possède un hymne. Une ou deux phrases scandées lors des fêtes au sein de la Repùblica alors que tout le monde lève son verre.
Et enfin, la plus drole. Celle que je rêverai de voir: le roulement. 
Oui, oui. Pendant les fêtes, quand ils ont déjà un peu bu, les étudiants peuvent se mettre à rouler sur le sol. C'est considéré comme tout à fait normal! Enfin, ça l'était il y a encore juste quelques années, mais cette tradition commence à diminuer. 

    Tout ça pour dire qu'Ouro Preto fut testé et approuvé. Alors roulons-nous parterre et apprécions la vie ! 
                                   
 
J'ai peut-être le vertige, mais je ne me refuse pas la descente dans une grotte qui abrite une cascade!


Black Gold

City - Ouro Preto; Inhabitants - 70 000 (ouropretano/a); Altitude - 1 179m; Distance - 413km; Travel - 7h of bus

   Here I go for my first small trip on the Brazilian soil. I have four days with a red Monday and a skipping class day ;)
With four days, I can finally manage to get out of the State of Rio de Janeiro (name of the State and of the city, which is its capital), towards the State of Minas Gerais (General Mines) in the company of my Argentinian classmate, Paula.
But as this country is gigantic, to say that you go to the MG is a bit vague. So more precisly, I am going to Ouro Preto (Black Gold as the name of this entry... Intelligent !), one of the oldest city of Brazil, but mostly one of the rare colonial city preserved as it was made with the colonial architecture and paved roads. The city was built at the very beggining of the colonisation of Brazil for a very logical matter: they had found gold there ! Or more likely, black gold (before being washed),  because of its high contamination from metal.
Today, Ouro Preto is a small studant city, its first university was built 139 years ago on the Tiradentes Square (the main Square. For more informations about Tiradentes I let you google it, I will just tell you that it means Teeth Puller, and that it was a person ... ;) ). A small city, filled by Repùblicas, houses shared by students, with each one a longue history and traditions. Each Repùblica was built in different years, the one where I stayed was 35 years of age but there are others much older, and they each represent a sort of family for the students who are far from home. Every person who has lived in a Repùblica is welcome back there until the end of his life, has his portrait on a wall dedicated to portraits of former inhabitants, and when someone passes away, a black ribon is put on one corner of the picture, but the photo stays for ever. There is another wall, with the portraits of the good friends of the Repùblica, they are not many, and like the former residents, they are welcome to come visit whenever ! The only thing that needs be done when one is returning to the Repùblica, is to turn his portrait facing the wall.

                                         The wall of Abelinhas - one of them is in the house !


   So I have spent four days in the Favinho de Mel (the Honeycomb) in the company of some of its Abelinhas as well as some former Abelinhas (cute way for saying Bee). One thing important is that we were there on the week end of the 12th of October, which, we learned after buying the bus tickets, is THE yearly week end of celebrations of the foundations of the Republicas and of the School of Mines, founded by a French (!) 139 years ago this year. So: from the Friday to the Sunday night, EVERY Repùblica of men organized parties day and night, with frozen beer (no not just fresh, the brazilians like it frozen - uma gelada means a beer !) and bixo to serve you (a Bixo is a person trying to get in a Repùblica, and therefor who has to prove of his possible usefulness for a little bit of time). And so usually, groups of girls go from Repùblica to Repùblica, to meet friends, dance a bit, drink some beer, and so on night AND day.
But one specificity important in this city to understand here, is that it was built in the brazilian mountains, and PAVED. Might sound like a detail but beware: the use of hills should be prohibited to go out, and no girl wear them there, and of what I have seen, it seems like the stores don't sell much of them either. And as well, the walk can be particularly difficult on these pavements with these streets going up and down the whole time, in an abrupt kind of way. After four days, I can feel my calves as if I had ran five marathons.

                               
                                         One of the many colonial churches ...

   So, parties and beer are good, but you might be wondering what kind of things can be interesting to do in a colonial city in the middle of the mountains...
Well, many things! The city in itself is definitely worth the visit. You can easily feel how different it is as soon as you arrive just by looking around you. I still don't understand how cars actually manage to run there...
One particularity of Ouro Preto are its churches. Colonial churches with beautiful architecture and interiors covered in gold. In fact, there are no fewer than nineteen churches and capels for 70 000 inhabitants... 
Of course, in the Minas Gerais, you have to make sure to eat several times a day the delicious Paes de Queijo, the best of the country (traditionals Cheese breads). So I have been on a special diet for four days, of consuming between two and four Pao de Queijo a day ;)
But there are more things than just the city. As for us, we have been visiting one mine (we are indeed in the state of the General Mines...), with a subterranean small lake and a small train to go down the earth. Very interesting!
We finished the stay with the best, a visit of the waterfalls of the Andorinhas. They aren't the most beautiful, in a region that is full of them, but they were the most easily accessible for two girls without a car on a red day in an unknown State. But I believe that even if not the most beautiful, they were definitely worth it! Especially one that falls inside a cave. The access is not the easiest one, but on warm non-working days, the place becomes the city pool...
There were as well other small waterfalls with pools of water, very nice to relax under the sun, in the clear water, sitting on red stones. But be careful: red stones stain ! I still don't know if I will be able to get my swimsuit back, but to play indians and make war marks on the face, it is perfect ;)

                                       
                     Red Stones, and the famous Pedra de Jacare, which I didn't dare to step on ...


   To finish on a funny note, let me tell you of some students tradition of the city. There is of course the tradition of the Bixo, that I explained before, which many say that it was their best time as a student. Once the bixo is accepted in a Repùblica, he will earn a surname, which works as a kind a second identity with the other students of the university. The surname are usually quite funny.
Every Repùblica has an anthem. One or two sentences, said during parties in the Repùblica, with everyone raising his glass.
And finally, the best one. The one that I would love to see one day: the rolling.
Yes, rolling. During parties, when they have already drank a little bit, the students can start rolling on the floor. It is considered as totally normal! Well, was, just a few years ago, but the tradition is starting to loosen a bit.

        All this to say that Ouro Preto was tested and approuved. So let's roll on the floor and enjoy life !

                                 
                     I am scared of heights, but definitely not of a cave with a waterfall in it ;)
  


samedi 3 octobre 2015

Mystères Linguistiques

Parlons bien, parlons linguistique !

   Pour bien commencer mon immersion, comme convenu, nous ne parlons QUE portugais à la maison. 
Donc bien entendu, mon portugais est absolument limpide, efficace et irréprochable, comme vous pouvez vous en doutez.
En gros, j'ai désormais un doctorat en langue des signes universelle. Je joins le geste à la parole, littéralement. Tout le temps. Et ce même en englais et en français (langues que je maitrise pourtant, à priori). 
Mon éducation portugaise étant en effet sommaire, j'ai passé les deux premières semaines à parler au présent en faisant un geste de la main au dessus de l'épaule ou devant moi pour préciser le passer ou le future. Les mots en rapport avec les cinq sens ont prit tout leur sens dans mes mains (je me surprend à dire 'I heard' en anglais et à mettre une main sur mon oreille. Quand même.). Le manque de synonymes pour décrire un mot manquant en l'absence d'internet est devenu une gymnastique mentale et mimique que je maitrise désormais parfaitement.

   Tout ça s'était avant de commencer les cours, 5 jours plus tard. Ah non pardon, je le fait toujours. Sauf que maintenant, en plus de ça, comme je suis en pleine phase d'apprentissage des conjugaisons du passé et du future de l'indicatif (les temps les plus faciles, on est d'accord), je dis quatre fois le même verbe avant de trouver la bonne terminaison, devant les regards amusés de mes adorables colocs. Ah, les joies de l'apprentissage d'une langue avec une vraie conjugaison, bien, bien galère.

                                            
                Parce que la meilleure Margarita au miel ne peut que aider à parler portugais ;)

   Mise à part ceci, je m'en sors pour le moment plutot bien, j'ai réussi à éviter pas mal de quiproquos étranges, bien connus de toute personne ayant déjà été en immersion dans une langue non maitrisé ... Enfin, je m'en sors bien si on passe tous ces mots que j'écorches, et qui peuvent accessoirement faire bien bien rire mes colocs, comme vouloir tenter l'utilisation d'un nouveau mot pour dire 'insectes' et sans faire expres dire que 'des pédés sortent de la canalisation'. Oui, vous pouvez rire.

   Ah oui, tiens, une dernière chose étrange. J'ai des phases suédophone. Oui, oui, suédophone. Il m'arrive régulièrement d'échanger un mot portugais (que je connais en plus, diantre!) par sa traduction suédoise ! La plupart du temps il s'agit du mot "samma" au lieu de "mesma", qui signifie "même". Mais récemment j'ai noté une chose encore plus étrange. En rentrant de mon jogging, je laissais mon cerveau vaguer à ses occupations pendant la montée d'acsenseur. Je crois bien que ce petit vilain s'est lancé en mode suédois (un mode que je suis pourtant incapable d'activer volontairement avec tout ce portugais qui m'entoure), et j'ai commencer à parler à Paula en suédois, tout à fait normalement. J'ai du me taire une minute le temps de récupérer un portugais intelligible pour pouvoir communiquer ! J'ai également noté que cet évènement incontrollable m'arrive presque à chaque fois que je passe un laps de temps en français ou anglais (un film ou un skype, ou bien quand j'écris, comme maintenant!), après impossible de retrouver le moindre mot en portugais, tout est en suédois. Voila bien LA chose à laquelle je ne m'attendais pas: mélanger le portugais et le suédois !

   Mais le plus gros inconvénient de tout ça, est que l'apprentissage intensif me laisse dans une fatigue chronique épouvantable, en supplément du fait que l'air de rien c'est encore l'hivers ici, qu'il fait nuit à 18h et que donc le changement et l'adaptation sont extrêmement durs pour moi !

                                    
                         Fin de journée à Copa, rien à voir avec le sujet mais c'est trop beau !


Linguistic Mysteries

Let's talk linguistic !

   To start my immersion as should be, we make a deal, we ONLY speak portuguese at home.
So obviously my portuguese is absolutely fluent, efficient and perfect as you might know.
So basically, I now have a PHD in universal sign language. I litteraly join the move to the word -French expression, sorry couldn't translate that one better- all the time. Even in English and French (languages that I normally am already fluent in, or so I think).
My portuguese education so far being indeed quite low, I spent the first two weeks speaking only on the present tense using a hand movement above my shoulder or in front of me to say I meant past or future (try it, only present is hard.). Words in relations with the five sense have suddenly taking all their meaning in my hands (I surprended myself saying 'I heard' in english and putting one hand on my ear...). The lack of synonymes to describe a missing word in the absence of a dictionnary has become a mental and immitation art that I now master.

   So all this was before starting school, five days after arrival. Oops no, sorry, I still do it. Except that now I am in a deep phase of learning to conjugate the past and future of the indicative (the easiest kind of tenses, for those who never learned a language with tenses like these). So now, on top of all the movements when talking, I tend to repeat four times the same verb in my sentence before finding the good conugasion, in front of the amused looks of my friends. Aaaaah, the joy of learning for the first time a language with a real difficult conjugaison.

   Appart from that, I'm actually quite at ease, I managed to not get into those bad misunderstandings well known of anyone that has already lived in immersion in a unknown language... Well, no misunderstandings indeed, but a loooooot of badly pronounced words, which does, in times, lead unintentionally to the use of the totally wrong word for another one, which leads to pretty good laughters, as when I wanted to say 'insects' but by changing accidentally one letter actually said 'fags are getting out from the pipes'. Yes, you are allowed to laugh.

                                         
      Because the best Margarita with honey that exists can only help speaking Portuguese ;)

   Here is another strange thing to experience. I have swedish phases. Yes, swedish. Frequently I intervert a portuguese word (that I even know!) and its swedish translation! Most of the times it is the word "samma" instead of "mesma", that means "same". But lately I have known stuff even weirder. Coming back from my run, I was letting my brain occupy himself without paying attention in the elevator. I think that this little guy started to get into the swedish mode without my asking (a mode that I even absolutely can't activate myself these last days with so much portuguese around), and I started talking to Paula in swedish, as if she could understand. I had to shut up for a minute to gather up an inteligeable portuguese before being able to communicate! I also realized that this strange and out of control event was happening again after lapses of time with much french or english (a film or a skype, or me writing, like right now!), after it always take me a while to get my portuguese words back because everything comes in swedish! This is really the ONE thing I didn't expect: to mix up swedish and portuguese !

   But the biggest problem for now, is that the intensive learning is leaving me in a constent stay of deep tiredness, on top of the fact that it is just the end of winter here, which means being dark at 6 pm, so the change and adaptation are quite hard for me!

                                
            End of the day on Copacabana, nothing to do with the subject but it is beautiful !

dimanche 27 septembre 2015

Yes, I do!

What better way to discover a not-so-well-known foreign culture than to go to a wedding only with locals ?

   My wonderful roommate, after knowing me only a week, gave me the immense pleasure of inviting me to her mom's wedding, a symbolic wedding to officialise sixteen years of shared life.
The ceremony is Sunday in Mendes in the State of Rio de Janeiro, in the middle of the Brazilian Serra, those very green mountains.

   Saturday morning, take off. Haha, just kidding, take off would be much too easy. Knowing the Brazilian Mato (understand the interior of the country) is something that you need to deserve. From the city of Rio, we start with a first bus in Copacabana to the Central part of the city. Leaving the bus, a train awaits us to bring us all the way to Japeri after one hour twenty in the cold. It is 30°C outside, in the train the use of a sweater and a scarf are required to whom doesn't want to get a cold in this strong winter. The change is quite violent once there in Japeri, where you need to take off any extra piece of clothing while waiting for the next train: fifteen more minutes before arriving in Paracambi. And there it is that things got real. Paracambi is a city inside the country, between mountains and quite low in altitude. Understand: it is chronicly an oven there, and wait a bus for fifteen minutes under the strong midday sun is already hard for a common Brazilian, so just try to picture a French... Aaaaaaah this bus, almost the end of the trip! Forty minutes of bouncing and tiny moments of scaredness on these mountain roads with loads of turns in a relatively fast going bus. The good surprise of the end of the trip, probably due to my huge luck these days (seriously, I attract small problems and inconvenients of the day-to-day life since I arrived here), one more piece of anecdotic bad luck: discovering a cockroach on my back at the moment to leave the bus, not knowing how long it had been traveling with me. Ô happiness.
                                                                     On the way to the Mato !

   Finally (or almost) there: Mendes! Just fifteen more minutes of walking, it is one o'clock, we are hungry, it is really very warm, and once more I head to meet the family in a state of perfect freshness (souvenir of my meeting with Paula ;) )!

   Yes, I definitely am in Brazil, every second that passes reminds me of it. This so warm welcome from a family that is not mine and whom I normally should never have met, except from the mysterious ways of destiny. After this astonishing welcome from an unknown family, especially for someone who is just back from one year in Sweden, the grandma' has made lunch for us. She apologizes for the simplicity and tells me that I can use of everything here "a vontade", a way to tell me to feel at home. The 'simple' lunch is entirely homemade: mashed potatoes, rice (the base of any Brazilian meal), red beans (the second base of any Brazilian meal), paned chicken breasts and salad. About this rice, my roommies, one after the other in a few days time, have both  been surprised by the low quantity of rice that I eat on the day-to-day basis!

   At night we go meet the woman helping in the setting up of the wedding, to make the table decorations (flower pots and candler holder). The house where we are is full of kids running about everywhere in this fresh winter night full of mosquistoes that obviously love me much more than the other Brazilians around me... Aaaaah these kids! They will have spent about three hours making me say words in French, I am a living kid toy! Although I do have one ex-professional habit of my time as an Au Pair in Sweden, it is almost impossible for me to say the words 'be careful' in Portuguese as they straight come out of my mouth in Swedish.

                                   
                                                                   Our decoration !


   After a beer at the bar with friends to listen to some pretty good live music, and a short night, let's get up quite early to prepare the outside ceremony (winter in Brazil is great indeed). But before, Paula's mom and grandma take me to show me the grandma's house, built stone by stone by her husband.
The wedding installation is going on quietly until the final rush, finishing to organise the food and flowers as the first guests arrive ahead of time (yes this surprised me as well, knowing a bit about the Brazilian punctuality!).
The ceremony is supposed to start in thirty minutes, time to run home get ready. In the end we are the ones arriving at the Brazilian time with a forty-five minutes delay ;)
                                       
                                                                       Finally ready !

   And now let's enjoy the beautiful party. The two couples sharing this special day are gorgeous, the outside ceremony is pretty, accompanied by some young singers and guitarists. The beer is flowing here, in this wedding a bit informal. Everybody has a glass in hand and the 'garçom' (waiters) have an eye to see a glass only a three-fourth filled to come around and refill it. If you don't say anything, you are served. The Brazilian barbecue is really good, as are all these little sweets. Night falls down at 6 p.m. here, so the party goes on until 11p.m.. Everybody is exhausted from much dancing, and feels like it is 4a.m. (we did start drinking at 4:30 p.m. ...), it is time to walk home bare foot in the fresh air of the night, for a second diner and some well deserved rest before having to set back for the long trip towards Rio the next day morning.
                                
                 Dancing a Brazilian dance (which I don't remember the name) with a friend :) 
                                                                 Just married !
   I don't know how to emphasis enough on how much I feel good here, surrounded by amazing people, who share with me their wonderful culture. I will remember this wedding for a long time, as well as this feeling of being so well welcomed in these two families that I didn't know existed not so long ago.