Je n'ai rien écrit depuis un mois parce que simplement je n'avais pas la tête à ça. Ce texte est un peu anti-daté du coup parce que je ne l'ai pas relu avant aujourd'hui mais le voila quand même!
J'ai vingt-deux ans, vécu dans quatre pays (je compte comme 'vivre' dans un pays à partir du moment ou l'on y a un lieu fixe avec une sorte de routine, et pas juste du voyage), j'ai des amis ou de la famille à peu près vingt pays du monde. C'est simple, plus on voyage, plus on a envie de voyager, plus on peut voyager facilement grace aux connaissances que l'on se fait sur le chemin...
J'ai vécu dix mois au Kansas, je rêve de visiter la côte ouest américaine, d'aller rendre visite à une bonne amie au Canada. J'ai vécu en tout un an et demi en Suède, à la fois au nord et au sud, je rêve de visiter les fjord norvégiens, les lagons islandais. Je vis depuis trois mois au Brésil, j'en suis à la moitié du séjour prévu, j'ai en tête le voyage qui m'attend après dans le reste de l'Amérique du Sud. Je rêve de faire un grand road trip en Europe de l'est, de rendre visite à de chères amies en Italie et en Slovénie, de voyager en Inde, au Laos, au Cambodge. J'ai hate de pouvoir sauter dans les bras de ma meilleure amie à Madrid et de retourner au Portugal.
Mais plus que tout, j'ai vécu en France. Environ dix-huit ans si je compte bien. J'en connais quelques coins, là où j'ai de la famille, mais je connais bien mieux la Suède et certainement aussi le Brésil.
J'ai depuis mes seize ans, ce syndrome étrange, ce besoin de partir, cette bougeotte. Je ne peux pas rester en place. J'ai en tête tellement de lieux à voir. Et toujours ce même problème de temps.
Il y a un peu plus d'une semaine que mon pays, mes voisins parisiens ont été attaqués, alors que j'étais en train de parcourir le nord-est du Brésil, à me rendre compte petit à petit de la violence chronique et de la pauvreté de ce, pourtant, magnifique pays. Cette soirée, à obtenir des nouvelles de la situations au compte goutte entre la télé brésilienne et ma soeur sur facebook, à parler avec mes amis les uns après les autres, à lire frénétiquement toutes les publications sur facebook, chacune y associant un nom et me rassurant un peu plus, les yeux gonflés en dessous de mon eyeliner bien tracé et tremblante dans la belle robe que je venais d'enfiler pour sortir avec une amie. Cette soirée, je pense ne jamais pouvoir l'oublier. Parce que j'étais la seule française dans les environs, que je voyais mon amie assister à ma détresse sans savoir quoi dire, sans savoir quoi faire. Que je voyais les regards de ses parents impuissants devant ma tristesse en regardant les infos.
Cette soirée a changé une partie de ma perception de la vie. J'ai soudainement envie d'être en France, pour la première fois depuis mes seize ans, c'est dire. J'ai envie de visiter mon pays, de découvrir ses beautés que je ne connais pas. Je ne veux plus faire une course contre la montre pour visiter des lieux qui me font rêver, je veux en profiter, pour de vrai. Dans ma tête tout s'est bousculé. Le voyage de trois mois qui devait m'emmener du sud de l'Argentine à la Colombie, se résume désormais à démarrer du désert d'Atacama, sans compteur de temps, en y allant jour après jour, pour traverser la Bolivie et le Pérou sans me presser avant de rejoindre mon père en Martinique. J'ai jeter les dizaines de feuilles volantes sur lesquelles s'inscrivaient mon parcours minuté. Je sais juste que je commencerai par l'ile de Paques début mars et que dans les environs de debut juin je rentrerai en France depuis la Martinique.
Je suis rentrée hier chez moi, à Rio. Cette ville si familière désormais dont je connais les rues, les coins à ne pas fréquenter, les beaux endroits. Cette ambiance qui est mon chez moi en ce moment. Ça fait du bien de se sentir à la maison. Et pourtant, j'ai envie de rentrer en France. De manger du fromage de brebis avec de la confiture de cerise noir avec mes soeurs dans le pays Basque. De me balader dans les rues de Paris avec mon frère et ma mère. De rendre visite à mon frère à Nantes, ville que je ne connais pas encore. De manger des speatzle en Alsace avec oncles, tantes, cousins et grand-parents.
"Personne ne réalise combien il est beau de voyager avant de revenir à la maison et de reposer sa tête sur son vieil oreiller familier." - Lin Yutang, écrivain chinois.


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