vendredi 12 février 2016

Les aéroports

Les aéroports.

   Le film Love Actually en parle comme du lieu le plus heureux grâce à tout cet amour qui y règne, entre les adieux et les retrouvailles. 
Moi qui ai déjà passé pas mal de temps dans nombres de ces aérogares, je ne peux que confirmer cette théorie. Les aéroports ont cette sorte de joie bien singulière. Le sourire émerveillé d'un enfant qui vole pour la première fois, l'excitation palpable d'une famille qui part en vacances loin de chez eux, les mots d'amour d'un père à son enfant dans un anglais moyen depuis un aéroport du Brésil par téléphone jusqu'à l'Europe, la conversation était simple mais tellement émouvante qu'elle m'a mis les larmes aux yeux alors que je ne faisais que manger à la table d'à côté... Ça devait être un mélange du manque de ma famille alors que je rêve de pouvoir leur faire voir tout ce que je vois, de savoir que je ne vais pas les revoir pendant encore de longs mois, et simplement la beauté de la simplicité de cette conversation, l'émotion dans la voix de ce père qui va retrouver son enfant le lendemain.

     
                       Au petit matin avant d'atterrir sur Rio de Janeiro

Et puis il y a moi, toujours seule dans ces aéroports. Quand je ne cours pas pour attrapper un avion, je vague dans les couloirs, je cherche quelque chose d'appétissant et de pas trop cher (pour un aéroport...), ou bien simplement je m'assoie et j'observe. La vérité, c'est que j'adore être seule dans les aéroports et dans les avions. Ce sont mes moments, pour moi toute seule. Je rêve, j'écoute de la musique, je dors parfois, j'écoute les gens, je les regarde, parfois ils m'énervent, parfois ils me fascinent. Une fois dans l'avion je garde le nez collé au hublot du décollage à l'attérrissage toujours le même sourire aux lèvres. C'est aussi le moment où, étant seule, je peux m'accorder de ressentir cette tristesse que je ressens parfois en quittant certains endroits.

                         
 

Oui les aéroports sont des lieux fascinants. Peut être que ce texte ne vous parle pas du tout, peut être que vous ne voyez pas où je veux en venir. Mais aujourd'hui j'ai été fasciné par cette petite fille qui regardait par le hublot avec le même sourire béhat que moi. Le fait que nous soyons toutes les deux aussi fascinées l'une que l'autre par l'extérieur malgré nos possible quinze ans d'écart nous a permis de partager ce sourire, ce regard complice d'une personne qui sait ce que l'autre ressent. 
Aujourd'hui j'ai été touché par cet homme qui disait "I love you, I miss you baby" d'une voix tellement délicate au téléphone que j'en ressentais tout l'amour. Où je veux en venir, c'est qu'il y a des centaines et des milliers de petits instants comme ceux-là, et que les aéroports sont un des meilleurs endroits pour les observer, tout simplement parce qu'on n'a rien d'autre à y faire, et parce qu'ils y sont bien concentrés. 
Si vous ne voyez toujours pas ce que je veux dire, la prochaine fois que vous allez dans un aéroport, seul ou accompagné, soyez attentifs aux gens qui vous entourent, parce qu'ils sont susceptibles de vous transmettrent de toutes petites joie qui en vérité sont immenses.

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