samedi 12 décembre 2015

Merveilles

Troisième étape du voyage, Recife/Olinda, Etat du Pernambouc, Nordeste, un jour et demi. Temps de trajet: 5 heures de bus tôt le matin depuis Natal.

Il s'agit plus d'une listes de personnes bienveillantes rencontrées les unes après les autres en un très court temps, que d'un réel récit de voyage. Mais ceci relate le sentiment général qui m'a porté pendant ce jour et demi.

        
                                           Des masques géants à Olinda

  Le car. Cette femme, s'accorde avec moi pour dire que les arrêts de ce bus sont bien étranges voir très peu sécurisant, et qu'on va patienter trente minutes de plus pour descendre à la gare routière.
  La sortie de métro. Il y a du monde. Je n'aime pas le coin. Ce jeune qui me voit avec mes sacs à dos, scrutant les alentours, me propose directement son aide. Je la refuserait malheureusement dans ce climat ambiant de méfiance.
  À l'arrêt du bus. Cet homme qui me demande d'où je viens puis me parle avec le plus grand intérêt de tous les philosophes français qu'il a lu. J'ai un peu honte, je n'en connais même pas la moitié.
  Arrivée à l'auberge "Les pirates de la plage". Le pirate Will, de son nom de civil Hermeson, m'accueil. S'ensuit une bonne rigolade alors qu'il tente désespérement de deviner d'où je viens par mon accent en portugais. Il abandonnera après allemande, anglaise et même polonaise et me proposera plutôt le "shot de bienvenue" (on est dans une auberge de pirates hein...). Il restera mon petit favori de tout le staff de la meilleure auberge jamais fréquenté, où absolument chacun d'eux transmettent leurs sourires et bonne humeur en un clin d'oeil.
  À la table de l'auberge. Jana, allemande voyageuse extrêmement sympathique, à qui j'aurais pris un malin plaisir à faire découvrir certaines des spécialités culinaires brésiliennes, de l'açai aux tapiocas, en passant par les brigadeiros et le jus de canne à sucre.
  Pendant le petit déjeuné. Une incroyable dame allemande, 65 ans, ne fait définitivement pas son âge, a vécu une vie dont je rêve, et voyage encore de toute son âme.
  A Olinda. Ce vendeur de bijoux par terre à l'ombre d'un arbre qui voulait me montrer son art. De son accent je déduis qu'il est immigré d'un autre pays d'Amérique du Sud. Je lui explique que je suis malheureusement à court d'espèces ce jour-là, mais reste discuter un peu avec lui, il est intéressant. Il me serrera la main et me remerciera d'être venue lui parler.
  A l'auberge. Chacune de ces personnes avec qui j'ai discuté pendant ce court séjour dans cette auberge, tous avec différentes histoires de voyages et bons plans, tant intéressés par nos histoires respectives que se demander nos origines devient bien plus important que connaître nos prénoms.

                             
                                         Attention: risques d'attaques de requins

  Et enfin, dans le bus pour la gare routière. Jaci, la "cobradora", cette personne à qui on paye son passage en bus. Elle me demande d'où je viens, me laisse m'assoir à l'avant à côté d'elle. S'ensuit une véritable conversation de quinze minutes. Elle me raconte comme la vie est dure au Brésil, elle qui gagne le salaire minimum (R$750, à peine 180€) et qui élève tant bien que mal son fils et sa fille de 16 et 10 ans. Sa soeur s'appelle Joana, ils ont tous un prénom en J dans la famille. Elle me dit que son frère est déjà allé en France, mais que elle n'a jamais quitté Recife bien qu'elle rêve de voir le monde. La conversation tourne, je lui fait part de ma crainte de la violence dans certaines villes et de mon malaise à devoir prendre les transports aussi tard pour la gare routière (il est 20h30), n'ayant plus assez d'argent pour le taxi. A entendre ça elle prend soin de moi par tous ses conseils. Elle me dit de ne demander des renseignements qu'aux personnes un peu agés, qui sont plus sûres; de ne jamais sortir d'espèces ou mon téléphones en public...
La criminalité venant essentiellement des jeunes, elle m'a dit cette phrase forte, qui m'a touché et qui est tellement réelle ici: "les enfants dans notre pays ils sont touchés par une maladie grave: l'abandon. Leurs parents n'ont pas d'argents, ils ne peuvent pas leur offrir de bonne éducation, ils sont abandonnés et se tourne vers les drogues, ce qui les mènent très jeune à la criminalité.". Elle me dit que quand elle voit ces jeunes, elle ressent une douleur à en pleurer.

  Nous arrivons au métro. Je la remercie pour sa gentillesse, elle me sert la main et me dit qu'elle fut enchanté de faire ma connaissance. Je lui promet que je ne l'oublierai pas, parce que ce fut une rencontre brève mais extrêmement touchante. Elle me dit de penser à elle quand je serai en France.
Cette femme a rendu ma journée magnifique en un petit quart d'heure, par sa bonté, sa beauté, son humilité et ses mots. Je penserai à elle en rentrant en France mais aussi dans chacun de mes voyages. Elle qui n'a pas les moyens de partir en voyage, je l'emmènerai dans mes pensées à chacuns des miens.

    
                                                La fin du chemin ?

Wonders

Third stop on the trip, Recife/Olinda, state of Pernambuco, Nordeste, one day and a half. Trip: 5 hours of bus very early in the morning from Natal.

Here is more a list of great people, met one after the other in a very short time, than a travel story. But this gives the general feeling that held me for this day and a half.

        
                                           
Giant masks in Olinda

  The bus. This woman, agreeing that these stops the bus makes are quite weird and unsecure, we will wait thirty minutes more to get down at the bus station.
  The metro station. Lots of people. Don't like this place. This young man who offers me his help right away, seeing me looking around with my bags. I will say no, unfortunately taken into this climate of stress.
  The bus stop. This man asking me where I come from and then telling me passionately about all the    French philosophers he's read. A bit ashamed, I don't know half of them.
  Arriving at the hostel "The beach's pirates". The pirate Will, of civilian name Hermeson, welcomes me. Follows a great laughter with him trying desperately to guess my origine on my accent. He will give up after trying German, British and even Polonese and will instead offer me the "welcome shot" (we are indeed in a pirate hostel...). He will be my little favorite of all the staff in the best hostel ever visited, where anyone of them would infect you with their smiles and good mood in a heart beat.
  Sitting at the table. Jana, super nice traveling German, to whom I took a malicious pleasure to make experiment some of the brasilians culinarian specialties, from açai to tapiocas, by brigadeiros and sugar cane juice.
  During breakfast. An amazing German woman, 65 years old, definitely not making them, lived my dream life, and still travels with all her soul.
  In Olinda. This jowelry maker sitting on the floor in the shadow of a tree who wants to show me his art. From his accent I guess he is from another south american country. I tell him that unfortunately I am out of cash today, but stay chatting with him, he is interesting. He will shake my hand and thank me for staying to talk with him.
  At the hostel. Anyone I talked with during this short stay, each with different travel stories and good tips, so interested in each others' stories that asking our origine becomes way more important than knowing our names.

                 
                                           Careful: shark attacks

  And finally, in the bus to the station. Jaci, the "cobradora", this person to whom you pay your bus ticket. She asks me where I am from, lets me sit in the front of the bus on her side. Follows a real fifteen minutes conversation. She tells me how life is hard in Brasil, she who earns the minimal wage (R$750, not even 180€) and raises however she can her son and daughter of 16 and 10 years old. Her sister's name is Joana (like mine), they all have a name in J in the family. She tells me her brother has already been to France, but she has never left Recife although she dreams of seeing the world. The conversation turns, I tell her about my fear of the violence in some cities and of how ill at ease I feel having to take the bus so late to get to the station having no money left for a cab (it is 20h30). When hearing this, she takes care of me with all her advices. To only ask things to older people, who are safer; to never get my wallet, my cash or my phone in public...
The criminality coming essentially from the youth, she told me this sentence, very strong, that touched me because of how real it is here: "the children in my country have a serious sickness: the abandonment. Their parents don't have money, they can't afford to give them good education, they are abandoned and turn themselves towards the drugs, which then leads them very young to crime.". She tells me that when she sees these young people, she feels a pain strong enough to cry.

  We arrive at the metro station. I thank her for her kindness, she shakes my hand and tells me that it was a pleasure to meet me. I promise her I will not forget her, because it was a meeting short but that touched me a lot. She tells me to think of her when I will be in France.
This woman has made my day beautiful in a small quarter of an hour, with her sincerity, her beauty, her simplicity and her words. I will think of her when going back to France but also in anyone of my future trips. She, who doesn't have money to travel, I will bring her in my thoughts in all of mines.

      
                                       The end of the way ?

mardi 8 décembre 2015

Tout vivre mais le vivre bien !

Je n'ai rien écrit depuis un mois parce que simplement je n'avais pas la tête à ça. Ce texte est un peu anti-daté du coup parce que je ne l'ai pas relu avant aujourd'hui mais le voila quand même!

   J'ai vingt-deux ans, vécu dans quatre pays (je compte comme 'vivre' dans un pays à partir du moment ou l'on y a un lieu fixe avec une sorte de routine, et pas juste du voyage), j'ai des amis ou de la famille à peu près vingt pays du monde. C'est simple, plus on voyage, plus on a envie de voyager, plus on peut voyager facilement grace aux connaissances que l'on se fait sur le chemin...

   J'ai vécu dix mois au Kansas, je rêve de visiter la côte ouest américaine, d'aller rendre visite à une bonne amie au Canada. J'ai vécu en tout un an et demi en Suède, à la fois au nord et au sud, je rêve de visiter les fjord norvégiens, les lagons islandais. Je vis depuis trois mois au Brésil, j'en suis à la moitié du séjour prévu, j'ai en tête le voyage qui m'attend après dans le reste de l'Amérique du Sud. Je rêve de faire un grand road trip en Europe de l'est, de rendre visite à de chères amies en Italie et en Slovénie, de voyager en Inde, au Laos, au Cambodge. J'ai hate de pouvoir sauter dans les bras de ma meilleure amie à Madrid et de retourner au Portugal.
Mais plus que tout, j'ai vécu en France. Environ dix-huit ans si je compte bien. J'en connais quelques coins, là où j'ai de la famille, mais je connais bien mieux la Suède et certainement aussi le Brésil. 

J'ai depuis mes seize ans, ce syndrome étrange, ce besoin de partir, cette bougeotte. Je ne peux pas rester en place. J'ai en tête tellement de lieux à voir. Et toujours ce même problème de temps.

     
                     La Chapada Diamantina que j'ai enfin eu la chance de voir !

   Il y a un peu plus d'une semaine que mon pays, mes voisins parisiens ont été attaqués, alors que j'étais en train de parcourir le nord-est du Brésil, à me rendre compte petit à petit de la violence chronique et de la pauvreté de ce, pourtant, magnifique pays. Cette soirée, à obtenir des nouvelles de la situations au compte goutte entre la télé brésilienne et ma soeur sur facebook, à parler avec mes amis les uns après les autres, à lire frénétiquement toutes les publications sur facebook, chacune y associant un nom et me rassurant un peu plus, les yeux gonflés en dessous de mon eyeliner bien tracé et tremblante dans la belle robe que je venais d'enfiler pour sortir avec une amie. Cette soirée, je pense ne jamais pouvoir l'oublier. Parce que j'étais la seule française dans les environs, que je voyais mon amie assister à ma détresse sans savoir quoi dire, sans savoir quoi faire. Que je voyais les regards de ses parents impuissants devant ma tristesse en regardant les infos.
Cette soirée a changé une partie de ma perception de la vie. J'ai soudainement envie d'être en France, pour la première fois depuis mes seize ans, c'est dire. J'ai envie de visiter mon pays, de découvrir ses beautés que je ne connais pas. Je ne veux plus faire une course contre la montre pour visiter des lieux qui me font rêver, je veux en profiter, pour de vrai. Dans ma tête tout s'est bousculé. Le voyage de trois mois qui devait m'emmener du sud de l'Argentine à la Colombie, se résume désormais à démarrer du désert d'Atacama, sans compteur de temps, en y allant jour après jour, pour traverser la Bolivie et le Pérou sans me presser avant de rejoindre mon père en Martinique. J'ai jeter les dizaines de feuilles volantes sur lesquelles s'inscrivaient mon parcours minuté. Je sais juste que je commencerai par l'ile de Paques début mars et que dans les environs de debut juin je rentrerai en France depuis la Martinique.

                                      
                                                     Un poste de MNS à Recife !

   Je suis rentrée hier chez moi, à Rio. Cette ville si familière désormais dont je connais les rues, les coins à ne pas fréquenter, les beaux endroits. Cette ambiance qui est mon chez moi en ce moment. Ça fait du bien de se sentir à la maison. Et pourtant, j'ai envie de rentrer en France. De manger du fromage de brebis avec de la confiture de cerise noir avec mes soeurs dans le pays Basque. De me balader dans les rues de Paris avec mon frère et ma mère. De rendre visite à mon frère à Nantes, ville que je ne connais pas encore. De manger des speatzle en Alsace avec oncles, tantes, cousins et grand-parents.

"Personne ne réalise combien il est beau de voyager avant de revenir à la maison et de reposer sa tête sur son vieil oreiller familier." - Lin Yutang, écrivain chinois.

To live everything but to live it well !

This text is a bit outdated, but when I wrote it I was not in the mood either to reread it nor to post anything. But here it is anyway!

   I am twenty-two years old, have lived in four countries (I count as 'live' somewhere when it involves staying in one place with a sort of routine, not just travels), I have friends and family in roughly twenty countries. It's easy, the more you travel, the more you want to travel, and the easier it gets considering the people you meet along...

   I have lived ten months in Kansas, I am dreaming of seeing the west coast of the US and to visit a good friend in Canada. I have lived in total one year and a half in Sweden, both north and south, I am dreaming of seeing the norwegian fjords, the islandic lagoons. I have been in Brazil for three months, halfway of the trip designed, with in my mind the rest of South America waiting for me. I am dreaming of doing a big road trip in eastern Europe, to visit great friends in Italy and Slovenia, to travel to India, Laos, Cambodge. I am looking forward to jump on my best friend in Madrid and to go back to Portugal.
But more than anything, I have lived in France. About twenty years if I count right. I know of some places there, where I have family, but I know Sweden much better and maybe even Brazil.

Since my sixteen I have this strange syndrome, this urge to move. I can't stay put. I have in my mind so many places to see. And always this same time issue.

       
                                  The Chapada Diamantina that I finally got to see !

   A bit more than a week ago my country, my parisian neighbors have been attacked, when I was traveling through north-eastern Brazil, slowly getting to witness it's chronicle violence and poverty although the surroundings are so beautiful. This night, slowly getting news about the situation between the brasilian tv and my sister on facebook, talking with my friends one by one, reading frenetically all the posts that were appearing on facebook, each one reassuring me with a new name associated, with puffy eyes under my perfect eye-liner and shaking in that pretty dress I had just put on to go out with a friend. This night, I think I will never forget it. Because I was the only french in the surroundings, because I could see my friend looking at me without knowing what to say or to do. Because I could see the looks of her parents powerless in front of my sadness watching the news.
This night changed a part of my conception of life. I suddenly really want to be in France, for the first time since my sixteen! I want to visit my country, to discover its beauties that I don't suspect. I don't want to run against the clock anymore just to visit the places I am dreaming of, no, I want to enjoy them, for real. In my mind it all changed. The three months trip that was supposed to take me from the south of Argentina to Colombia will now be resumed in starting from the north of Chili, without a ticking clock, going day after day, to cross Bolivia and Peru without having to hurry before joining my dad in Martinique. I threw away all the sheets where every minute of my trip was already written. All I know is that I will be starting from the Easter Island in March and that I will be flying back to Paris from Martinique at some point in June.

                                   
                                           A life-guard post in Recife (Pernambuco)!

   I came back home yesterday, in Rio. This city now so familiar where I know the streets, the places where I shouldn't go, the pretty places. This is my home right now and it feels good. But I do want to return to France. To eat goat cheese with cherry jam with my sisters in the Basque Country. To take walks in the parisians streets with my mom and brother. To visit my brother in Nantes, city that I still don't know. To eat speatzle in Alsace with the rest of the family.

"No one realizes how beautiful it is to travel until he comes home and rests his head on his old, familiar pillow." - Lin Yutang, chinese writer.